Panier garni du 17 mai 2026
- 17 mai
- 9 min de lecture
Sixième dimanche après Pâques – EXAUDI Dimanche 17 mai 2026
Le verset de la semaine : Jésus dit : « Et moi quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Jean 12,32

Prélude - Accueil
Bienvenue en ce dimanche qui se situe entre les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte. Suivant les paroles du psaume du dimanche, il porte le nom d’Exaudi, "Écoute, Seigneur, je t’appelle ! " Malgré ce que nous ressentons parfois comme un silence, Dieu nous écoute et nous parle.
Ensemble, nous voulons partager ce temps de culte, qui dimanche après dimanche, veut être un lieu de partage, de rencontre, de fête pour les hommes, avec Dieu. Amen.
CHANT : Seigneur tu nous appelles AEC 212, 1+2
LOUANGE Psaume 27,7
P : Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ?
A : Le Seigneur est la forteresse de ma vie, devant qui tremblerais-je ?
P : Mon cœur m’a redit ta parole : "Cherchez ma face".
A : C’est ta face que je cherche, Seigneur. N’écarte pas ton serviteur avec colère, ne m’abandonne pas, Dieu de mon salut.
P : Au contraire, enseigne-moi ton chemin Seigneur, conduis-moi par des routes sûres.
A : Oui, j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur.
P+A : Espère le Seigneur, sois fort et prends courage.
Répons : Gloire au Père et au Fils AEC 151, 4
Demande de pardon –pénitence
Le psalmiste dit : « Écoute, Seigneur, je t’appelle ! » Mais n’éprouvons-nous pas des difficultés à entendre la voix de Dieu et à nous écouter les uns les autres ? Nous n’aimons pas attendre que l’autre ait fini sa phrase pour lui dire notre vérité ; nous n’aimons pas le silence, nous sommes impatients...
Lors du temps de l’Avent et du Carême, il nous est toutefois demandé d’attendre. De veiller, de méditer pour nous préparer à la fête.
A propos de fête, c’était quand pour moi, la dernière fête ? Avec qui, à quelle occasion ? Etais-tu présent ? As-tu été invité à partager ma joie ?
Toi Dieu, tu as choisi de te faire attendre ; comme pour la fête de ce jour, il a fallu attendre 7 jours, le temps d’une semaine. Si courte et si longue à la fois ! Seigneur, donne-moi d’apprendre la patience !
silence Seigneur, écoute et prends pitié !
Répons : Mon Dieu, mon père écoute-moi AEC 405, 1
Annonce du pardon
Dieu vous pardonne. En Jésus Christ, il entend les cris de son peuple. Il vous offre son Esprit, gage de son amour. Celui qui met sa confiance en Dieu et trouve sa joie en Jésus Christ sera sauvé.
Répons : Louange et gloire à ton nom AEC 271, 1
Lectures bibliques :
1) de l’Ancien Testament Jérémie 31, 31-34
Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda Une alliance nouvelle, Non comme l'alliance que je traitai avec leurs pères, Le jour où je les saisis par la main Pour les faire sortir du pays d'Égypte, Alliance qu'ils ont violée, Quoique je fusse leur maître, dit l'Éternel.
Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après ces jours-là, dit l'Éternel : Je mettrai ma loi au dedans d'eux, Je l'écrirai dans leur coeur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple.
Celui-ci n'enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l'Éternel ! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Éternel ; Car je pardonnerai leur iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché.
Répons : Alléluia
2) Evangile de Jean 16, 5-15
Maintenant je m'en vais vers celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande : Où vas-tu ?
Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre coeur.
Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai.
Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement :
en ce qui concerne le péché, parce qu'ils ne croient pas en moi ;
la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus ;
le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé.
J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant.
Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.
Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera.
Tout ce que le Père a est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend de ce qui est à moi, et qu'il vous l'annoncera.
Répons Saint-Esprit Dieu de lumière AEC 507, 1 et 3
Prédication
Hier après-midi, nous étions du côté de Petit-Réderching, en territoire étranger, la Moselle. Près de Bitche pour visiter un parc à bisons. Créatures fascinantes qui vivent aux côtés des hommes depuis la bagatelle de 60 000 ans ! Le guide nous disait qu’un spécimen prénommé Hector, le mâle dominant avoisinait les 1100kg. Et forcément, vu qu’il s’agit d’animaux sauvages au comportement plein de surprises, il a aussi déjà eu peur dans l’exercice de son métier. La peur, c’est un sentiment que le texte de prédication de ce matin veut nous aider à oublier, en tout cas, dans la relation liant Dieu au croyant, au peuple. Je vous résume les versets déjà entendus ce matin chez Jérémie :
31 Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda Une alliance nouvelle, ( …)voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après ces jours-là, dit l'Éternel : Je mettrai ma loi au-dedans d'eux, Je l'écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple. 34 Celui-ci n'enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l’Éternel ! Car tous me connaîtront, Et je ne me souviendrai plus de leur péché.
Jérémie le prophète qui, au milieu des ruines, annonce la fin de la peur. La peur originelle, vous savez, celle qui prend aux tripes Adam, lorsque la culpabilité l’envahit : « j’ai eu peur, dit-il », c’était son excuse après avoir croqué dans la pomme, qui vous le savez, n’en était pas une.
Cette peur, non seulement est mauvaise conseillère, mais elle a ouvert les portes à cette religiosité envahissante qui conduit l’humanité à vouloir la juguler par des artifices de toutes pièces : au désert, en l’absence du leader Moïse, le peuple a eu peur : pour s’en affranchir de cette peur, le peuple s’était fabriqué un veau d’or, nous avons entendu ce récit la semaine passée.
La peur est vendeuse, combien de promesses abusives maintiennent l’humanité dans un asservissement étouffant ?
Jérémie a bien compris que tant qu’il y aura des hommes plutôt que la liberté, ils choisiront l’esclavage, l’esclavage des lois, des prescriptions, l’esclavage de la rétribution et du marchandage, fixé par des tablettes rigides qui dictent brutalement les codes d’une vide commune où la peur règne. Mais Jérémie annonce qu’au-delà de cette rigidité cadavérique, il y a un Appel, un Appel insistant qui jamais ne se lasse.
Cet Appel, qu’on nomme parfois Dieu, ne laisse jamais l’homme tranquille.
Cet Appel le sort de sa léthargie et de son destin funeste.
Ce n’est rien d’autre que l’annonce de l’arrivée de la Vraie Vie. Celle où il est possible de choisir la Vie, dans son cœur et sa conscience, comme le traduit la Bible en Français courant. Et pas demain peut-être, mais déjà aujourd’hui !
L’annonce faite à Jérémie qu’il reprend et transmet, c’est que l’humanité n’a pas besoin de se tourner vers un au-delà religieux, métaphysique pour trouver une raison de vivre.
Oui, il est possible d’oublier la peur, nos peurs, puisque chacune et chacun a cette formidable capacité et possibilité d’entendre l’appel qui toujours remet debout dans l’adversité.
Toujours, l’humanité, toi, moi, aurons la possibilité de rompre la désespérance qui nous mine !
Toujours elle trouvera en elle, nous trouverons en nous les ressources, les ressources humaines, non pour asservir, mais pour résister, s’indigner, s’insurger en appliquant nos valeurs chrétiennes.
Quel contresens d’avoir alors inventé le mot « Jérémiades » pour qualifier les exhortations du prophète, comme s’il s’agissait seulement de gémissements et de pleurnicheries stériles !
Jérémie nous appelle à une liberté responsable, fondée sur une sortie, une évasion hors de nos prisons, une libération de nos chaînes. « Aux captifs la liberté ! », voilà le maître mot que Jérémie nous propose comme avenir. Parole intéressant certainement certains de nos anciens dirigeants !
Cette promesse, cet avenir annoncé, est précisé dans les Evangiles, on en trouve non seulement les contours mais surtout une affirmation : désormais, avec le Christ, nous sommes entrés dans ce monde de liberté.Une parole de vie et de vérité démasquera toujours les menteurs !
Un regard clair, une main tendue, une écoute offrira un avenir aux désespérés, un geste juste peut abattre toutes les dominations.
Tôt ou tard, chacun de nous peut être relevé, tôt ou tard les petits comme les grands tyrans sont jetés à terre, leur sort est déjà scellé, tôt ou tard, les peuples peuvent soulever les jougs qui les écrasent. C’est ce que nous dit Jean : nous sommes non seulement dans l’imminence, mais dans la présence même de la réalisation de ces promesses. Le passé de la prophétie, la présence, la proximité du ministère de Jésus, l’avenir envisagé, deviennent contemporains, le royaume n’est pas un accomplissement futur, ni une apocalypse catastrophique à redouter, ni d’ailleurs une origine sans tâches, un paradis originel perdu. Le temps du royaume est en train de s’accomplir, il vient même de s’accomplir sous nos yeux.
Il y a chez nous chrétiens de longue histoire, protestants en particulier, une tentation à confiner, à clôturer ces temps apostoliques dans un passé enfermé, surtout si on saisit mal le concept de l’Ecriture Seule, Sola Scriptura ; c’est comme si après le temps béni de l’œuvre de Jésus-Christ et la rédaction des textes qui en témoigne, il n’y avait plus rien à attendre d’autre que le retour du Christ ! Jeudi, à Gunsbach, nous avons évoqué cette drôle de fête qui nous questionne plus qu’elle ne nous donne de réponses : l’Ascension ; seule certitude, Jésus le Christ a été élevé. Il n’est plus présent, ou plutôt si, il l’est autrement, par le don de l’Esprit. Pentecôte ! C’est la semaine prochaine !
Ce matin, l’Evangile et la Parole nous disent de ne plus avoir peur ; et que dès aujourd’hui le Christ revient. Une parole vivante et réelle pour tous ceux qui sont affligés et souffrent de l’oppression et meurent, les uns sous les bombes des dictateurs et de leurs complices, les autres à petit feu dominés par des géants d’une économie et d’une finance qui les écrasent.
De la promesse dont Jérémie était le porte- parole, nous sommes entrés avec l’Evangile dans ce temps de l’accomplissement, dans ce présent qui est le nôtre. Et souvenons-nous du double sens du mot présent. Ce temps dans lequel nous vivons, qui est le même que celui que Jésus a parcouru, est le temps d’un cadeau, d’un don qui nous est offert pour le mettre à profit.
Alors quant à nous ici rassemblés ce matin, ici autour de ces textes, et de ce Vivant, dont nous allons bientôt célébrer la présence par cette sainte cène, il nous reste à dire et à redire sans cesse que ce combat des justes n’est pas vain, qu’il est d’ailleurs déjà gagné d’avance !
« J’ai mis devant toi la vie et la mort », lit-on dans le Deutéronome.
La vie juste et libre à laquelle tu es appelé, la mort que tu préfères parfois parce que l’appel te fait peur. Alors, choisis la vie. Amen
(interlude musical à l’orgue)
CHANT : Mon vrai trésor AEC 617, 1- 3
Liturgie de Sainte Cène :
répons AEC Saint saint saint et Christ est venu
Prière d’intercession et Notre Père
Jésus Christ, tu as répandu sur tes disciples l’Esprit Saint reçu du Père : conduis-nous par ce même Esprit. Tu nous envoies annoncer ton pardon : renouvelle la terre dans l’unité. Tu as promis que l’Esprit nous enseignerait toute chose : éclaire notre foi.
Tu as promis l’Esprit de paix : renouvelle la terre dans la paix.
Tu as promis d’envoyer l’Esprit de vérité : donne-nous de connaître ton amour qui surpasse toute connaissance.
Seigneur ton Esprit emplit l’univers : il habite chacun de nous. Donne-nous le courage d'en vivre.
[Dans le silence nous te confions ce qui nous tient particulièrement à cœur. Silence] Seigneur, tu accueilles notre prière. Tu es béni pour les siècles des siècles. Amen.
[ Ensemble prions : Notre Père… ]
Communion autour de l’autel : pain et vin partagés.
CHANT : Viens et nous bénis AEC 890, 1
Bénédiction finale :
Que le soleil inonde et réchauffe ton visage,
Que la pluie ruisselle dans tes champs,
que le vent souffle dans ton dos, que ton chemin soit béni !
Et que jusqu'à notre prochaine rencontre, Dieu te garde dans la paume de ses mains !
Postlude



Commentaires