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Panier garni du 16 novembre 2025 Le Jugement Dernier


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Avant-dernier dimanche de l’année liturgique

 

Prélude

Accueil : Au nom de Dieu Père, Fils et Saint Esprit, soyez tous les bienvenus à ce culte de l’avant dernier dimanche de l’année ecclésiastique.

Le thème et le mot d’ordre de ce dimanche nous rappellent qu’il nous faut tous comparaître devant le tribunal du Christ. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Faut-il avoir peur ? Que signifie ce jugement dernier ?

L’évangile de ce jour nous  ouvre une piste en nous rappelant que Dieu a des frères.

A première vue on ne les reconnaît pas : ils n’ont ni gloire, ni éclat,

Ils sont creusés par la faim, ils sont livrés à la solitude, ils sont habitués à l’échec, ils sont épuisés de fatigue et de soucis, ils sont chassés par la guerre. Ils sont blessés dans leur humanité mais ils sont de la famille de Dieu.

Ils se dénombrent par millions : on les appelle « les petits ».

Au jugement final ce n’est pas la pratique de la loi qui emportera la décision, ni l’ascèse, ni la perfection de l’âme, ni le chant sans faute des louanges de Dieu.

C’est l’attention et l’amour accordés aux plus petits de nos frères qui décidera de notre place auprès de Dieu !

 

CHANT En ce jour ô Seigneur Rec alléluia 45*23, 3 strophes

 

Louange:

 

Psaume 50 :

Dieu, Dieu le Seigneur a parlé, son appel retentit sur la terre, du lieu où le soleil se lève jusque là-bas, où le soleil se couche.

 « Qu'il vienne, notre Dieu, et qu'il ne garde pas le silence ! » 

Un feu dévorant le précède, autour de lui, l'ouragan se déchaîne.

Dieu convoque le ciel, là-haut, et la terre, pour assister au jugement de son peuple.

Il dit  :  « Qu'on rassemble pour moi mes fidèles, ceux qui se sont engagés envers moi par un sacrifice solennel ! » 

Que le ciel le proclame :  « Le Seigneur est juste, le Dieu qui juge, c'est lui ! » 

 

Répons : Nous t’adorons, nous t’aimons AEC 267, les 3 strophes

 

                

Confession : Confions-nous à ce Dieu Père qui nous aime en Jésus Christ et confessons humblement nos manquements, nos peurs : Je crains ton jugement, Seigneur. Il me semble qu’à la fin des temps, tu feras défiler devant moi tous les visages des hommes mes frères, ceux de mon village, de mon quartier, de mon travail et spécialement ceux de ceux qu’on appelle « les petits ».

A ta lumière, je lirai sur ces visages, la ride que j’ai creusée, la bouche que j’ai tordue, la grimace que j’ai sculptée, le regard que j’ai obscurci et celui que j’ai éteint.

Et je resterai immobile, silencieux. C’est alors que tu me diras : « C’était moi »

Seigneur, pardon pour ces visages blessés, pardon pour l’amour bafoué, pardon pour mes lâchetés.

 

Répons : Seigneur, reçois, Seigneur pardonne AEC 407, 1

 

Grâce : Recevons ces paroles venues de la Communauté de Bose :

 

« Notre bénédiction, est en le Fils de Dieu, Jésus-Christ. Cette espérance est placée devant nos yeux comme une croix de lumière sous notre regard. Ton Pardon ô Père est en ton Fils Jésus-Christ : il nous offre sa miséricorde intarissable et toujours renouvelée. Voilà le rocher de notre alliance, Ta fidélité !

 

Répons : Magnifique est le Seigneur AEC 174, 1+2

 

Prière : Prions : Seigneur, donne-moi des yeux pour te voir dénudé et affamé, et des oreilles pour écouter tes cris suppliants.

Donne-moi des mains pour te soigner, malade et en prison, un cœur ouvert pour t’accueillir, toi l’étranger sans toit.

Pourquoi cette prière, parce que Ta Parole nous dit que c’est ainsi que tu nous rencontres, dans l’humilité des visages des plus petits.

Nous allons maintenant l’entendre, la recevoir, la laisser nous renouveler et nous interpeller.

Amen.

 

 

Lecture biblique : Evangile de  Matthieu 25, 31-40

31  « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire avec tous les anges, il siégera sur son trône royal. 32 Tous les peuples de la terre seront assemblés devant lui et il séparera les gens les uns des autres comme le berger sépare les moutons des chèvres ; 33 il placera les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche. 34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite  :  “Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, et recevez le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. 35 Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger et vous m'avez accueilli chez vous ; 36 j'étais nu et vous m'avez habillé ; j'étais malade et vous avez pris soin de moi ; j'étais en prison et vous êtes venus me voir.”  37 Ceux qui ont fait la volonté de Dieu lui répondront alors :  “Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé et t'avons-nous donné à manger, ou assoiffé et t'avons-nous donné à boire ? 38 Quand t'avons-nous vu étranger et t'avons-nous accueilli chez nous, ou nu et t'avons-nous habillé ? 39 Quand t'avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous allés te voir ?”  40 Le roi leur répondra  :  “Je vous le déclare, c'est la vérité  : toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.” 

 

Répons : Louange à toi, ô Christ

 

CHANT : Au dernier jour AEC 319, 1+2+5+6

 

Message, d'après Job 14

Chers amis,

la liturgie nous l’a fait saisir de manière consciente : aujourd’hui, en cette période de fin de l’année de l’Eglise, c’est le dimanche du Jugement Dernier. Ou pour le dire autrement, comment prendre un temps dans l’année pour se rappeler que nous sommes mortels, et appelés à être jugés un jour prochain. AU dernier jour, comme nous venons de le chanter.  Le tout, accompagné d’un mot d’ordre dont on se serait bien passé, c’est vrai, la journée avait bien commencé : « Tous, il nous faudra comparaître devant le tribunal du Christ »… De quoi avaler de travers… Thématique du tribunal toujours très actuelle, avec le souvenir aussi dans cette semaine des 10 ans du Bataclan et de l’accident de TGV à Eckwersheim.

En 1946, au lendemain de la guerre, le taux de criminalité était de 14 pour mille, nous sommes aujourd’hui autour des 60 pour mille, soit une mutiplication par 4. 3 homicides par jour en moyenne en France. Les tribunaux où la justice humaine est rendue ne sont donc pas près de se vider…

Sans doute que très peu d’entre nous ont un jour eu affaire avec les tribunaux : c’est plutôt à la télé ou dans les journaux que nous suivons les procès, réels ou en fiction. L’Evangile des moutons et des boucs nous rappelait qu’à la fin, il n’y aura que deux sorties : celle de droite et celle de gauche, celle des moutons et celles des chèvres.

Un peu comme au tribunal aussi : soit on sort libre, soit c’est la case prison. .

Nous avons tendance à l’oublier, et cela nous arrange sans doute ainsi, mais nous croyons en un Dieu juge : notre confession de foi, propre à tous les chrétiens, ne dit-elle pas : et il viendra de là pour juger les vivants et les morts.

Qui viendra ? Et d’où ? (…)

Dieu le Père lui-même, ce Dieu puissant, présenté dans l’AT comme un Dieu guerrier, violent, jaloux, tyrannique ?

Et il viendra de là pour juger les vivants et les morts fait référence au second paragraphe de la confession de foi, celle consacrée à Jésus. Il est monté au ciel, il est assis à la droite de Dieu, le Père tout-Puissant et il viendra de là pour juger les vivants et les morts. Je crois en Jésus-Christ, qui est né de la Vierge Marie, qui est mort, le 3ème jour il est ressuscité des morts, il est monté au ciel, il est assis à la droite de Dieu, et il viendra de là pour juger… Les vivants et les morts…

Le juge, ce n’est donc pas le Dieu jaloux de l’AT, mais le Dieu de l’amour et du pardon qui est devenu Père. Dieu qui est venu avec une alliance nouvelle,  expérimentant l’amour grâce à sa paternité.

L’Evangile nous rappelait à quelle mesure nous serons jugés : à la lumière de nos relations avec les plus petits de nos frères. Maintenant, il s’agit de se rassurer quant à nos actions et comportements vis-à-vis de ces plus petits de nos frères…

J’avais faim et vous m’avez donné à manger : on se rappellera ici qu’un jour, il nous est sans doute arriver de donner une pièce à un mendiant, un morceau de sandwich, ou qu’on a fait un don aux Restos du Cœur ou au Centre Social Protestant…Ouf, ça c’est bon !

J’avais soif et vous m’avez donné à boire : pareil ! J’avais partagé ma gourde avec mon copain de classe lors d’une sortie d’école, ou j’ai payé l’apéro à mon voisin ! Super, case validée !

J’étais nu, vous m’avez habillé : l’autre jour, j’ai ramené mes vieux habits à la Croix Rouge ou à la paroisse. OK, right !

J’étais malade, vous m’avez visité : bien sûr, lorsque tata Monique avait la grippe, je lui ai fait les courses ! Et je suis aussi allé voir la grand-mère à la maison de retraite, malgré les odeurs et Alzheimer ! Parfait !

J’étais étranger et vous m’avez accueilli : alors, là, on aura sans doute un problème. En ces temps où on accuse, à tort ou à raison, les migrants, les musulmans, les réseaux sociaux, les chrétiens tradis d’être à l’origine de tous les maux de notre société, on aura beaucoup de mal à valider cette case consacrée à l’étranger. Car l’étranger, ce n’est pas seulement le noir, le jaune, le juif, l’arabe, la voilée ou la lesbienne… C’est chacun de ceux qui ne me reviennent pas, chacun de ceux qui ne me conviennent pas… Au-delà de la couleur, des penchants sexuels ou politiques… C’est peut-être même mon frère, ma sœur, mon père, ma mère…

J’étais en prison et vous m’avez visité : là encore, qui est déjà allé en prison ? Je pense que le Christ parle aussi des prisons mentales, sociales… des enfermements psychologiques, des barreaux invisibles qui séparent les personnes les unes des autres. Pour forcer ces verrous-là, il suffit souvent d’un peu d’attention, d’un peu d’écoute attentive, d’un sourire, d’une main tendue, d’un mot d’encouragement.

Mais pour cela, il nous manque souvent une chose, aller deux : l’envie et le courage. L’envie d’oser et le courage de le faire. Oser, oser Joséphine, chantait Baschung. C’est aussi cet appel qui nous est adressé par Job dans le texte du jour : oser, oser crier à Dieu ! 

Job, dont le prénom hébreu signifie « le persécuté » est un personnage immortel, au sens où il est intemporel. Des Job, aujourd’hui, il y en a encore plein dans le monde. Car Job, c’est un croyant, qui a perdu la trace de son Dieu dans son malheur.

Job est profondément moderne car il est pessimiste, sans complaisance. A l’époque de la rigueur, de la crise et des jours sans lumière, il est parfaitement approprié.

Je disais que le livre de Job est intemporel, mais il est aussi universel car ce Job est le témoin d’une expérience que nous faisons tous : l’expérience du désespoir, du vide, de l’absurdité de la vie. Celle du malheur inattendu qui vient nous frapper, pour nous casser et nous détruire. L’homme n’est rien d’autre que l’enfant de la femme et sa vie sera brève et remplie de tourments.... Merci, on le savait déjà !

 

Des tourments, des tracas, on peut en vivre à différentes échelles et à différents âges. S’orienter vers des études n’est pas un choix facile, décrocher un premier emploi l’est encore moins, et puis après on refait le chemin mais à travers les yeux de nos enfants, pour lesquels l’avenir semble encore moins resplendissant que le nôtre. Je le disais déjà dimanche dernier : 25% des ados sont dépressifs.

Alors, à quoi bon vivre quand le tracas ou le malheur s’abat sur nous ? Quand la maladie nous surprend sans prévenir… Quand, arrivés à un certain âge, on se rend compte que nous vieillissons, que nos forces physiques déclinent, que notre mémoire fait défaut.

Quand au moment de faire le bilan, on se rend compte qu’on a raté pas mal de choses, que les rêves sont souvent devenus des cauchemars, quand nos envies de liberté et d’insouciance se sont transformées en boulets que l’on traîne et en fatalité désespérée, que j’ai ma vie en vitrine mais que bien souvent j’en ai eu une autre dans l’arrière-boutique…

 

Que les plus petits de nos frères, on les a souvent délaissés, ignorés, on leur a tournés le dos, quelque fois même sans en être conscient.

Dans toutes ces expériences, nous sommes des Job…

 

Pourtant, les mots de Job nous annoncent une consolation : celle qui vient du courage de parler. Avec Job, qui passe de l’impossibilité de dire son malheur à la possibilité de crier et de nommer sa plainte, son désir, nous pouvons avancer.

 

Poser une parole, même si elle est un cri, voilà une façon de faire sortir le mal qui est en nous. Nommer les choses est le début de la thérapie et peut-être même est-ce là que la guérison commence. Cela s’appelle la verbalisation. Quand quelque chose ne va pas dans le couple, avec les enfants, avec les collègues, c’est qu’il y a eu un déficit de paroles. Un mot, ou des mots, n’ont pas été posés.

Pour nous les chrétiens, rappelons-nous que c’est la Parole qui délivre.

 

Cet extrait de Job nous donne aussi le courage de dire à Dieu ce qui nous pèse.

À sa suite, Jésus a, lui aussi, connu la souffrance et la nuit. Jusqu’à ce cri sur le bois de la croix : « mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ! »

 

Lorsqu’il nous arrive de nous retrouver dans la nuit des « pourquoi », dans la nuit de l’épreuve inattendue, dans une espèce d’obscurité qui nous empêche de nous diriger vers la porte des moutons,  souvenons-nous que cette nuit est l’unique chemin qui mène au jour.

Que la vie mène irrémédiablement à la mort, mais qu’il y a la Vie au bout du chemin.

Oui, la vie est une maladie mortelle dont tout le monde meurt, disait déjà Abraham Cowley, un poète anglais du 17ème siècle.

 

 

Encore nous faut-il alors oser, oser parler à Dieu ou même oser crier…

Encore nous faut-il alors être attentifs à ceux qui nous entourent, mais pas uniquement notre famille bien-aimée…

Aussi aux plus petits de nos frères.

 

Sans doute que pour l’instant, effectivement, nous déambulons quelque part entre les 2 portes, dans une sorte de salle des pas perdus. La vie n’est pas finie pour nous ! Alors choisissons de marcher vers la porte de lumière… avec Christ !

Amen. 

 

CHANT : Laisserons nous à notre table AEC 317,1-3

 

LITURGIE DE SAINTE CENE Saint saint Saint AEC 863 et

                                                Christ est venu AEC 875

 

Intercession :

 

Unissons-nous dans la prière et intercédons les uns pour les autres :

De tout péché, de toute erreur et de tout mal, de la puissance et des ruses du Malin, préserve-nous, Seigneur.

Des périls des temps de désordre et de guerre, de la faim et de la maladie, protège-nous, Seigneur.

Par le Christ, ton Fils bien-aimé, par sa naissance et par sa vie, par sa parole et ses miracles, par ses souffrances, par sa mort en croix et par sa résurrection, bénis-nous, Seigneur.

Dans la prospérité et dans le malheur, dans la tentation et dans l'épreuve, à notre dernière heure et au jour du jugement, secours-nous, Seigneur.

Nous te prions de bénir et de conduire ton Eglise universelle : qu'elle grandisse dans l'unité de la foi et de l'amour. Donne-lui des conducteurs fidèles à ta Parole et consacrés dans leur vie.

Amène tous les peuples à la lumière de ton Evangile : envoie des ouvriers dans ta moisson.

Fais-nous revenir à toi, si nous nous égarons.

Relève ceux qui sont tombés et affermis ceux qui sont debout.

A nous tous, donne ta force et ta lumière. Amen Notre Père

 

Annonces 

 

Chant de bénédiction : La paix de Dieu (accordéon)

 

Bénédiction 

 

Postlude

 
 
 

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Merci et à dimanche prochain !

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