Panier garni du 13 novembre



Avant-dernier dimanche de l’année liturgique

Dimanche 13 novembre 2022


Prélude

Accueil : Au nom de Dieu Père, Fils et Saint Esprit, soyez tous les bienvenus à ce culte de l’avant dernier dimanche de l’année ecclésiastique.

Le thème et le mot d’ordre de ce dimanche nous rappellent qu’il nous faut tous comparaître devant le tribunal du Christ. Mais qu’est-ce que cela veut-il dire ? Faut-il avoir peur ? Que signifie ce jugement dernier ?

L’évangile de ce jour nous ouvre une piste en nous rappelant que Dieu a des frères.

A première vue on ne les reconnaît pas : ils n’ont ni gloire, ni éclat,

Ils sont creusés par la faim, ils sont livrés à la solitude, ils sont habitués à l’échec, ils sont épuisés de fatigue et de soucis, ils sont chassés par la guerre. Ils sont blessés dans leur humanité mais ils sont de la famille de Dieu.

Ils se dénombrent par millions : on les appelle « les petits ».

Au jugement final ce n’est pas la pratique de la loi qui emportera la décision, ni l’ascèse, ni la perfection de l’âme, ni le chant sans faute des louanges de Dieu.

C’est l’attention et l’amour accordés aux plus petits de nos frères qui décidera de notre place auprès de Dieu !


CHANT En ce jour ô Seigneur Rec alléluia 45*23, 3 strophes


Louange:


Psaume 50 :

Dieu, Dieu le Seigneur a parlé, son appel retentit sur la terre, du lieu où le soleil se lève jusque là-bas, où le soleil se couche.

« Qu'il vienne, notre Dieu, et qu'il ne garde pas le silence ! »

Un feu dévorant le précède, autour de lui, l'ouragan se déchaîne.

Dieu convoque le ciel, là-haut, et la terre, pour assister au jugement de son peuple.

Il dit : « Qu'on rassemble pour moi mes fidèles, ceux qui se sont engagés envers moi par un sacrifice solennel ! »

Que le ciel le proclame : « Le Seigneur est juste, le Dieu qui juge, c'est lui ! »


Répons : Nous t’adorons, nous t’aimons AEC 267, les 3 strophes


Confession : Confions-nous à ce Dieu Père qui nous aime en Jésus Christ et confessons humblement notre faute : Je crains ton jugement, Seigneur. Il me semble qu’à la fin des temps, tu feras défiler devant moi tous les visages des hommes mes frères, ceux de mon village, de mon quartier, de mon travail et spécialement ceux de ceux qu’on appelle « les petits ».

A ta lumière, je lirai sur ces visages, la ride que j’ai creusée, la bouche que j’ai tordue, la grimace que j’ai sculptée, le regard que j’ai obscurci et celui que j’ai éteint.

Et je resterai immobile, silencieux. C’est alors que tu me diras : « C’était moi »

Seigneur, pardon pour ces visages blessés, pardon pour l’amour bafoué, pardon pour mes lâchetés.


Répons : Venez au Sauveur AEC 409, 1+2

Grâce : Ainsi parle le Seigneur : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous mon Esprit, je serai votre Père, vous serez mes fils et mes filles. »

Vous avez été pardonnés, vos péchés vous sont remis


Répons : Magnifique est le Seigneur AEC 174, 1+2


Prière : Prions : Dans le creuset de nos désirs, dans le secret de nos esprits, notre Dieu Seigneur, prennent naissance les actes et les paroles que nous élaborons au long des jours.

C’est là, dans nos cœurs, que nous inventons et la miséricorde et la convoitise, et l’hypocrisie et la tolérance, et la droiture et la jalousie et l’ombre et le jour !

C’est pourquoi, Seigneur, ta Parole nous est nécessaire afin de mettre de la clarté à l’intérieur de nous-mêmes : elle nous est nécessaire, ta Parole, afin de nous extraire du mal qui établit son emprise en nous et qui travestit nos sentiments et nos comportements.

Rends-nous capables d’accueillir ta Parole dans le creuset de nos désirs et dans le secret de nos esprits afin qu’elle agisse à l’intérieur de nous-mêmes et nous permette d’imaginer et de réaliser des actes et des paroles selon l’Evangile de Jésus Christ ! Amen





Lectures bibliques : livre de Job chap 14, versets 1-6,+13+15-17 :

1 »L'être humain né de la femme! Sa vie est courte mais pleine d'agitation. 2 Il pousse comme une fleur, puis il se flétrit; il s'enfuit comme une ombre, sans résister. 3 Pourtant c'est sur lui que tu as l'oeil ouvert, et tu me fais aller en justice avec toi! 4 Qui fera sortir le pur de l'impur? Personne.


5 »Si les jours de l'homme sont fixés, si tu as déterminé le nombre de ses mois, si tu en as marqué les limites qu'il ne peut franchir, 6 détourne les regards de lui et accorde-lui du répit pour qu'il ait au moins la joie du salarié à la fin de sa journée!


13 »Si seulement tu voulais me cacher dans le séjour des morts, m'y tenir à l'abri jusqu'à ce que ta colère soit passée! Tu me fixerais un délai, puis tu te souviendrais de moi. 15 Tu appellerais et moi, je te répondrais. Ton désir serait résolument tourné vers ta créature. 16 Alors que maintenant tu comptes mes pas, tu n'aurais plus l'oeil sur mes péchés; 17 tu enfermerais ma transgression dans un sac et tu blanchirais ma faute. Répons : Alléluia


2)Evangile de Matthieu 25, 31-46

31 « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire avec tous les anges, il siégera sur son trône royal. 32 Tous les peuples de la terre seront assemblés devant lui et il séparera les gens les uns des autres comme le berger sépare les moutons des chèvres ; 33 il placera les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche. 34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, et recevez le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. 35 Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger et vous m'avez accueilli chez vous ; 36 j'étais nu et vous m'avez habillé ; j'étais malade et vous avez pris soin de moi ; j'étais en prison et vous êtes venus me voir.” 37 Ceux qui ont fait la volonté de Dieu lui répondront alors : “Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé et t'avons-nous donné à manger, ou assoiffé et t'avons-nous donné à boire ? 38 Quand t'avons-nous vu étranger et t'avons-nous accueilli chez nous, ou nu et t'avons-nous habillé ? 39 Quand t'avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous allés te voir ?” 40 Le roi leur répondra : “Je vous le déclare, c'est la vérité : toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.” 41 « Ensuite, le roi dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits ! Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ! 42 Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ; 43 j'étais étranger et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison et vous n'avez pas pris soin de moi.” 44 Ils lui répondront alors : “Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé, ou assoiffé, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t'avons-nous pas secouru ?” 45 Le roi leur répondra : “Je vous le déclare, c'est la vérité : toutes les fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, vous ne l'avez pas fait à moi non plus.” 46 Et ils iront subir la peine éternelle, tandis que ceux qui ont fait la volonté de Dieu iront à la vie éternelle. » Répons : Louange à toi, ô Christ


CHANT : Au dernier jour AEC 319, 1+2+5+6


Message

Pour le message du jour, une histoire de juge ce matin… cela rappellera sans doute aux anciens ce bon vieux temps où l’Eglise, le pasteur, les responsables de la paroisse avaient une forme de pouvoir moral, une emprise sur les comportements licites, tolérés, recommandés…

Moi aussi j’aurais tellement aimé juger que tel ou telle ne méritait pas de sépulture chrétienne, parce que pas assez de pratique religieuse, pas baptisé, pas payé l’offrande annuelle,… Mais, je ne suis pas né à la bonne époque des pasteurs omnipotents, et comme on dit, tout fout le camp !


Le jugement dernier, pas le plus sympathique des thèmes mais que voulez-vous, on est de nouveau proche de la fin de l’année de l’Eglise, et on évoque les choses de la fin.

Une petite parabole donc ce matin, pas la plus connue de toutes sans doute, qui met en scène deux personnages qu’il nous arrive de croiser dans nos quotidiens : une veuve et un juge. Le juge du tribunal humain, celui qu’il nous est donné de rencontrer si on a divorcé, commis une infraction routière, arnaqué le fisc, jeté de la soupe sur un tableau de maître, est le propriétaire d’un coq et que votre nouveau voisin citadin ne supporte pas ses cris matinaux. Article 1385 du code civil : « les propriétaires d’animaux de basse-cour sont responsables si le bruit causé par les sus-dits devient un trouble anormal de voisinage ».

Terminé, puisque depuis le 21 janvier 2021, les marqueurs sensoriels, sonores, olfactifs sont désormais inscrit au patrimoine des campagnes, vote à l’unanimité des sénateurs… vive les cloches, les coqs, et le fumier !

La veuve et le juge, c’était aussi le thème du premier reportage d’Envoyé spécial jeudi soir : « seule contre Good Year », son mari était mort des suites de l’éclatement d’un pneu de son camion. Elle a enquêté pendant 8 ans pour démontrer que Good Year était fautif, malfaçon dans la fabrication… Curieux hasard du calendrier, me direz-vous ; je répondrai : un de plus !


Lecture de Luc 18, 1-8


Cette histoire de la veuve et du juge rapportée par les évangiles est donc une parabole. Il s'agit d'une histoire inventée par Jésus pour parler de Dieu, qui il est, ce qu’il fait, comment il faut l’appréhender. On l’aura sans doute saisi : dans la parabole, Dieu n’est pas à trouver sous les traits d’une misérable veuve, mais bel et bien dans le personnage du juge. Ce juge qui d’ailleurs n'hésite pas à se montrer sans scrupule et sans aucun souci de justice, qui n'agit que par pur égoïsme pour préserver seulement sa tranquillité. Une sorte de caricature du juge véreux. Ils n’ont pas seulement existé dans les paraboles ou les fictions, on s’en sera douté…




Dans la tradition d'Israël, et selon les préceptes des commandements de Moïse, la Loi accordait aux petits et aux sans ressource que sont les orphelins et les veuves, une protection toute particulière. Le roi et le juge ont, en principe, pour mission de faire respecter le droit et d'éviter que le « petit » ne se fasse manger.

Dans la Bible, nous avons pris l’habitude que Dieu se place toujours du côté des plus démunis pour les secourir. Mais dans notre passage de ce matin, ce juge-là, nous dit Jésus, ne respecte ni Dieu ni l'homme. C'est un mécréant radical, qui ne pense qu'à lui, qui n'a aucune compassion pour les autres et qui se moque complètement de leurs droits.

Mais, au final, même ce juge coriace cédera devant l'insistance de cette veuve! Elle lui a tellement cassé les oreilles, elle l’a tellement je cite « fatigué », qu’il finira par lui reconnaître ses droits.


Alors si même ce juge véreux et égoïste se laisse convaincre, comment Dieu ne ferait-il pas justice aux siens, et tout de suite !

Rappelons à cet instant que Jésus raconte cette parabole pour démontrer que la prière était efficace et que le découragement n’était pas un état d’esprit chrétien !

Jésus a utilisé plusieurs fois ce type d'argument qu’on pourrait qualifier d’ "à plus forte raison" toujours pour décrire l'action de Dieu.

"Si votre enfant vous demande du pain, vous n'allez pas lui donner un caillou. Alors à plus forte raison, si vous lui demandez son Esprit, Dieu vous le donnera". Un raisonnement qui part de notre mentalité, de nos capacités et qui nous amène, en fonction de ce que nous savons de nous-mêmes, à croire que Dieu ne peut pas faire moins que nous. Non, il n'est tout simplement pas possible, pas imaginable que Dieu fasse moins que moi, moins que nous ! Le but de Jésus est de nous amener à un sentiment de confiance : celui que nous considérons comme notre Père ne peut pas nous laisser tomber comme peuvent faire certains. Personne ne vous a jamais laissé tomber ? Bienheureux êtes-vous, vous bénéficiez de la 10ème béatitude. (dans le Sermon sur la montagne, il y en 9 des « bienheureux »)

Sans doute que nous sommes loin de ce sentiment, de par nos expériences personnelles : tous, nous avons déjà vécu le fait d’avoir été laissé tomber, abandonner même si ce n’était que pour quelques secondes par celui, celle, ceux en qui nous avions placé notre confiance, notre espérance, notre amour, notre foi.

Oui, même pour notre foi en Dieu.

Où est Dieu pendant que je souffre ? Que fait-il ? Pourquoi ne répond-il pas, rapidement, pourquoi tarde-t-il à nous aider, comme le mentionne notre passage ?

Une expérience cruelle que nous avons tous faite à un moment ou un autre de notre vie. Ce sentiment que le ciel est vide et que notre cri de détresse se perd dans le néant sans personne pour l'entendre !


Le décès d'une personne proche nous plonge dans un profond sentiment d'abandon.

Une maladie qui se prolonge sans espoir de rémission nous apparaît comme une injustice criante. Sans parler de ce qui se passe dans notre société et dans le monde actuel, qui nous renvoie des ersatz de justice humaine, bien loin de ce qui nous paraît être la justice divine.


Mais quelques fois, il semble que justice humaine, que loi humaine et loi divine se télescopent, se trouvent… même dans les tribunaux de la République.


En 1898, à Château-Thierry, une femme comparaît devant le juge Magnaud pour le vol d'un pain de 6 livres. Lorsqu'il apprend que cette femme a volé parce qu'elle n'avait pas mangé depuis 36 heures, le juge invente "l'état de nécessité" et, au nom de ce principe, il relaxe la femme. Alors si les juges humains sont capables d'une telle pitié, Dieu en serait-il incapable ?


A côté de la figure du juge que développe Jésus, il y a surtout l’attitude de la veuve. Son entêtement et son opiniâtreté viennent à bout d'un homme au cœur dur comme la pierre. Peut-être qu'un pot-de-vin aurait suffit à amadouer ce juge malhonnête, mais la veuve n'en a pas les moyens. La seule arme qui lui reste, c'est le harcèlement.


Le message est clair : de même que la veuve de la parabole triomphe par son obstination, de même l'Eglise doit se montrer persévérante dans la prière.

Nous retrouvons là un thème cher à l'évangéliste : vivez chaque jour comme si c'était le dernier. Ne vous endormez pas ! Veillez !

Paradoxalement, nous avons l'impression aujourd'hui que celui qui prie n'a pas les pieds sur terre et qu'il est un doux rêveur.

Prier, cela permet de garder un regard lucide sur le monde, et non pas tomber dans l'idolâtrie qu'il nous propose à travers le dérive consumérisme, le culte du corps, le besoin de paraître et de soigner son image et d’attendre des « Like » et des « j'aime » de la part du monde entier.

Prier, c'est découvrir chaque jour un peu plus que, si Dieu est justice, il est aussi amour et l'amour, lui, comme dit Paul, est patient.

La prière mature, c'est de faire un pas de plus. Crier et harceler comme le fait la veuve "Rends-moi justice" ne sera toujours qu'un point de départ.


Le chemin qui mènera le monde vers la justice de Dieu peut sembler long, quelque fois voué à l’échec, sans résultat. Mais plutôt que de nous résigner, demandons plutôt ce que je peux faire pour la créer ici et maintenant.


Amen



CHANT : Dieu qui nous appelles à vivre Rec Alléluia 35-20 ( 1-4)


Annonces

Intercession :

Unissons-nous dans la prière et intercédons les uns pour les autres :

De tout péché, de toute erreur et de tout mal, de la puissance et des ruses du Malin, préserve-nous, Seigneur.

Des périls des temps de désordre et de guerre, de la faim et de la maladie, protège-nous, Seigneur.

Par le Christ, ton Fils bien-aimé, par sa naissance et par sa vie, par sa parole et ses miracles, par ses souffrances, par sa mort en croix et par sa résurrection, bénis-nous, Seigneur.

Dans la prospérité et dans le malheur, dans la tentation et dans l'épreuve, à notre dernière heure et au jour du jugement, secours-nous, Seigneur.

Nous te prions de bénir et de conduire ton Eglise universelle : qu'elle grandisse dans l'unité de la foi et de l'amour. Donne-lui des conducteurs fidèles à ta Parole et consacrés dans leur vie.

Amène tous les peuples à la lumière de ton Evangile : envoie des ouvrier dans ta moisson.

Fais-nous revenir à toi, si nous nous égarons.

Relève ceux qui sont tombés et affermis ceux qui sont debout.

A nous tous, donne ta force et ta lumière. Amen Notre Père



Chant de bénédiction : La paix du Seigneur 62-83



Bénédiction

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