Panier garni du 23 octobre 2022

19ème dimanche de la Trinité

Thème : la guérison


Prélude

Accueil :

La grâce, la miséricorde et la paix sont avec vous de la part de Dieu le Père, le Fils et le Saint - Esprit.


En son nom, soyez les bienvenus à ce culte du 19ème dimanche du temps de la Trinité, dont le thème proposé à notre méditation s’intitule « la guérison du corps et de l’âme » et dont le mot d’ordre, tiré du livre du prophète Jérémie est un cri, celui de l’homme éprouvé qui se tourne vers Dieu en disant : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri ; sauve-moi et je serai sauvé » Jér 17, 14


Nous penserons lors de ce culte à tous ceux qui se sentent prisonniers, de leur corps, de leur souffrance physique ou psychique. Nous porterons aussi celles et ceux, connus ou inconnus, qui sont en recherche…


Tous, nous avons besoin d’être guéris, de nos peurs, de nos phobies. Tous, nous avons besoin de sentir que l’espérance qui nous réunit peut nous porter dans nos combats du quotidien. C’est en ce sens que nous sommes rassemblés aussi en communauté, pour nous porter et essayer de nous supporter les uns les autres.

Ensemble, nous voulons nous tourner vers celui qui nous accueille en ce lieu, le Dieu de Jésus-Christ.


CHANT AEC 153 Tournez les yeux vers le Seigneur, 1+2


LOUANGE- Psaume 32, 1-7.11

Heureux celui que Dieu décharge de sa faute, et qui est pardonné du mal qu'il a commis !

Heureux l'homme que le Seigneur ne traite pas en coupable, et qui est exempt de toute mauvaise foi !

Tant que je ne reconnaissais pas ma faute,

mes dernières forces s'épuisaient en plaintes quotidiennes.

Car de jour et de nuit, Seigneur, tes coups pleuvaient sur moi,

et j'étais épuisé, comme une plante au plus chaud de l'été.

Mais je t'ai avoué ma faute, je ne t'ai pas caché mes torts. Je me suis dit : « Je suis rebelle au Seigneur, je dois le reconnaître devant lui. »

Et toi, tu m'as déchargé de ma faute.

Le méchant se prépare beaucoup d'ennuis,

mais le Seigneur entoure de bonté celui qui lui fait confiance.

Que le Seigneur soit votre joie, vous les fidèles !



Chantons notre joie :

Répons : A Dieu soit la gloire AEC 277, 1 strophe


Pénitence :

Du fond de mon être un seul cri, Seigneur : je veux guérir !

Je veux retrouver la santé de mon amour usé par les habitudes de chaque jour ; je veux retrouver la santé de ma foi paralysée par l’hésitation.

Je veux retrouver la santé de mes paroles infectées par le mensonge et par les médisances.

Du fond de mon être un seul cri, Seigneur : je veux guérir, viens à mon secours et prends pitié de moi.


Répons : Prends pitié de moi ( mél Kumbaya)


Annonce de la grâce : Le Seigneur a entendu le cri de notre cœur.

« Puisque ton cœur a été touché et que tu t’es humilié devant moi, dit l’Eternel, puisque tu as pleuré en ma présence, moi aussi je t’ai entendu . Je changerai vos cœurs de pierre en cœurs de chair. Je mettrai en vous un cœur nouveau. Je mettrai en vous mon Esprit. Je serai votre Père, vous serez mes fils et mes filles. »


Répons : Quand les montagnes AEC 167


Prière :

Certains jours, Seigneur, sont remplis de détresse et si pesants de fardeaux que l’envie me vient de tout déposer et d’abandonner.

En ces temps de tristesse surgit à mon cœur ce que mes yeux ont vu en d’autres jours : le sourire de mes aimés, leur tendre et fidèle présence !

En ces temps de fardeaux surgit à mon cœur ce que ma foi a contemplé en d’autres jours : Dieu au milieu de nous, le Christ qui relève, le Christ qui guérit, le Christ qui ouvre le chemin !

En ces temps-là il me devient possible d’avancer malgré la tristesse et les fardeaux grâce à ce que j’ai vu et entendu en d’autres jours et qu’aucun souci ne peut éradiquer de mon cœur. Et pour tout cela, Seigneur, je veux aujourd’hui te dire merci et te rendre grâce. Amen


Lectures bibliques :


1)Lettre de Paul aux Ephésiens chap 4, versets 22-32


22Par rapport à votre vie passée de vieil homme corrompu par les convoitises trompeuses, 23Vous êtes appelés maintenant à être renouvelés dans l'esprit de votre intelligence, 24et à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. 25C'est pourquoi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain ; car nous sommes membres les uns des autres. 26Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère, 27et ne donnez pas accès au diable. 28Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais plutôt qu'il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. 29Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s'il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l'édification et communique une grâce à ceux qui l'entendent. 30N'attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. 31Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. 32Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.


Répons : Alléluia


2) Evangile de Marc chap 2, versets 1-12


1 Quelques jours plus tard, Jésus revint à Capernaüm, et l'on apprit qu'il était à la maison. 2 Une foule de gens s'assembla, si bien qu'il ne restait plus de place, pas même dehors devant la porte. Jésus leur donnait son enseignement. 3 Quelques hommes arrivèrent, lui amenant un paralysé porté par quatre d'entre eux. 4 Mais ils ne pouvaient pas le présenter à Jésus, à cause de la foule. Ils ouvrirent alors le toit au-dessus de l'endroit où était Jésus ; par le trou qu'ils avaient fait, ils descendirent le paralysé étendu sur sa natte. 5 Quand Jésus vit la foi de ces hommes, il dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. » 6 Quelques maîtres de la loi, qui étaient assis là, pensaient en eux-mêmes : 7 « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il fait insulte à Dieu ? Qui peut pardonner les péchés ? Dieu seul le peut ! » 8 Jésus devina aussitôt ce qu'ils pensaient et leur dit : « Pourquoi avez-vous de telles pensées ? 9 Est-il plus facile de dire au paralysé : «Tes péchés sont pardonnés», ou de dire : «Lève-toi, prends ta natte et marche» ? 10 Mais je veux que vous le sachiez : le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés. » Alors il adressa ces mots au paralysé : 11 « Je te le dis, lève-toi, prends ta natte, et rentre chez toi ! » 12 Aussitôt, tandis que tout le monde le regardait, l'homme se leva, prit sa natte et partit. Ils furent tous frappés d'étonnement ; ils louaient Dieu et disaient : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil ! »


Répons : Louange à toi, ô Christ


CHANT : AEC 613, 1+2 J’ai besoin de ta confiance


Prédication Evangile de Marc chap 1, 32-39

Cette année liturgique 2022 nous aura souvent conduit vers des extraits d’Evangile mettant en avant le Jésus guérisseur. En langage théologique, après 7 années passées sur les bancs de la faculté, je pourrais même dire Jésus le thaumaturge : thauma en grec prodige, miracle et « urgein » : faire, opérer : Jésus, le thaumaturge – Jésus le faiseur de prodiges. Dès les tout-débuts de l’Evangile de Marc, après l’appel des premiers disciples, Jésus guérit un homme possédé par un esprit, la belle-mère de Simon Pierre, beaucoup de malades, même « tous les malades » de Capernaüm, petite ville de Galilée bordant le lac de Galilée, à quelques kilomètres de Nazareth.

Ajoutez à cela encore quelques exorcismes, la guérison d’un lépreux et d’un paralytique, et vous aurez fini le premier chapitre de Marc. Et oui, rien que ça, tout ça, en un seul chapitre.

Lorsque nos oreilles, allons un peu plus loin, nos intelligences entendent de tels récits de guérison, voilà ce qui se passe en nous : peut-être un peu de scepticisme mélangé avec une forme d’assurance et d’espérance, et surtout on écoute bien l’histoire jusqu’au bout, car nous restons fascinés par ces récits qui nous rappellent que nous avons la maladie de la santé ! Quand ça touche le corps, l’âme, ça m’intéresse. La guérison du corps et de l’âme, c’est bien le thème de notre dimanche.

Oui, nous avons la maladie de la santé : bon anniversaire ou bonne année et surtout, surtout, surtout bonne… SANTE ! Combien de personnes autour de nous ont déclenché une maladie depuis le début de l’année en cours ? Etant en plein mois d’octobre « rose », combien de femmes auront déclaré un cancer du sein depuis le 1er janvier dernier ? A en croire le nombre de soutien-gorges suspendus sur le pont Holtzheim, beaucoup!

Le mois d’octobre, pour ne prendre que celui-là, comporte aussi la journée mondiale de la lutte contre le handicap, l’ostéoporose, l’arthrite, le psoriasis et celle de la dépression. Ce sera vendredi prochain, 27 octobre. Tout ou presque est fait pour nous rappeler que nous sommes des créatures fragiles, qui seront confrontés tôt ou tard à la maladie.


Certains bobos, pas les plus graves certes, se soignent hier comme aujourd’hui par le moyen de l’eau. Je ne pense pas forcément aux journées SPA, en bonne compagnie, chez Julien même si ça fait du bien!

Hydrothérapie, thermes, cures ont le vent en poupe. Ce n’est pas nouveau, car déjà du temps du Christ, on avait construit des piscines, dont la croyance populaire disait pour certaines d’entre elles, qu’elles étaient dotées de pouvoir magique. (ici la piscine de Béthesda, au Nord-Ouest du vieux quartier de Jérusalem). A l’époque du Christ, c’était un sanctuaire païen dédié au Dieu romain guérisseur Asclépius.

En partant du texte de prédication proposé pour ce matin, je me suis permis de faire le lien avec cet autre récit de guérison, celle d’un homme qui était couché près de cette piscine de Béthesda depuis 38 ans. On trouve cela en Jean 5. J’ai pensé aussi à ce passage d’Evangile, car après avoir guéri ce brave homme, Jésus utilise cette formule : « Mon Père travaille continuellement et moi aussi je suis à l’ouvrage ». Un parallèle est sans doute à y trouver avec ses autres propos tirés de Marc, cette envie du Christ d’ « aller ailleurs, dans les villages voisins, car je dois prêcher là-bas aussi. C’est pour cela que je suis venu ». Jésus, un peu comme le stakhanoviste de la guérison… Un peu d’ailleurs en contradiction avec les moments où il recommande de contempler, de ne pas nous soucier, de vivre plutôt dans l’être que dans le faire… Mais ce matin, non, il faut guérir, guérir, bosser, bosser…

Je reviens à ma piscine….Au centre de la rencontre cette question de Jésus au malade :

« Veux-tu guérir ? Veux-tu être guéri ? » Une question provocante à souhait ! « Veux-tu guérir ? Non, non, ça ne fait que 38 ans que je suis là, j’ai le temps ! »

Pardi ! S’il est là depuis 38 ans, c’est bien parce qu’il veut guérir !


Au-delà de la résignation _dans laquelle notre malade, mais aussi chaque malade_ peut s’enfermer, il y a une question. Une question comme une sollicitation qui dit : « tu vois, tu m’entends, je te parle, tu existes à mes yeux, tu n’es pas juste un numéro dans une chambre d’hôpital ». Avant d’être un malade, un souffrant, tu es avant tout un homme, une femme.


La prise en compte de l’existence de l’autre, celle qui ne s’arrête pas au regard, la réelle prise en compte de l’autre commence toujours par une parole. Une parole qui lui est adressée. Une parole qui peut réveiller quelque chose, un lien, une relation.

Une parole qui permet de prendre la parole ; ne serait-ce que pour se plaindre, pour dire sa révolte, sa solitude, son désespoir ! Les visiteurs d’hôpitaux, les collègues- aumôniers, même les pasteurs de paroisse vivent cette réalité, au quotidien. Entendre la plainte, le questionnement à défaut d’avoir toujours une réponse adaptée ou audible…Mais être là, accompagner, rire ou pleurer avec ceux qui rient ou qui pleurent.


« Veux-tu guérir ? » Cette question s’adresse à chacun de nous, au malade de la piscine de Bethesda, à toi, à moi. Peut être que le premier pas vers la guérison consiste à nommer les lieux en nous qui sont malades, souffrants…

Nommer ce qui nous tient couché, prisonnier, exilé de nous-même !

Nommer, accueillir les blessures et les infirmités et croire qu’avec l’aide d’un autre, nous pouvons les soulever, nous pouvons les relever, tracer vie nouvelle.


Et puis bien sûr, réaliser qu’on n’est pas si seul que cela, qu’il y a devant moi une main tendue, un cœur qui bat pour moi…

« Veux-tu guérir ? »…

Toi qui souffres d’une maladie ou d’un handicap ?

Toi qui vois s’envoler ta jeunesse ?

Toi qui as perdu un être cher ?

Toi que la vie et les humains ont déçu ?


Opter fermement pour la voie de la guérison n’est pas une démarche qui se fait toute seule. Il faut une rencontre et la mise en œuvre d’une solidarité. Il faut un appui, une main tendue, une oreille attentive, une parole qui vient d’un autre que toi, il faut une conjoncture de forces pour se lever et marcher.


Guérir, c’est se mettre en mouvement, d’abord au niveau de l’intellect. C’est vrai pour l’enfant qui apprend à marcher, c’est vrai aussi pour tous ceux qui ont à se relever d’une maladie, d’une blessure, d’une souffrance.


Près de la piscine il y a 2000 ans, mais aussi du côté de Capernaüm pour le texte de ce matin, les miracles se sont produits : le miracle d’abord d’entendre l’interpellation du Christ, la parole de Dieu.

Et le reste a suivi ; le reste, c'est-à-dire, la guérison.

La guérison est la simple conséquence d’entendre la parole de Dieu et la mettre en pratique.


Qui que nous soyons, quel que soit notre âge, quelle que soit la durée de notre attente, ne finissons jamais de faire confiance à Jésus, d’entendre sa parole et de la mettre en pratique.


Sa bénédiction, son Salut, finissent toujours par se réaliser. Amen.

CHANT : AEC 409, 1-3Venez au Sauveur qui vous aime



Intercession poursuivons notre prière…

Seigneur, tu es un Dieu de vie et tu ne nous abandonnes pas aux puissances de destruction. Nous pouvons nous réjouir de la vie que tu nous donnes et suivre ta volonté. Nous te prions pour ta force vivifiante ; donne-nous de rester attentifs et de pouvoir résister aux tendances destructrices.

Sois auprès de ceux qui sont isolés par la maladie, le handicap ; de ceux qui sont marqués par l’empreinte de la mort.

Ce matin, nous te remettons particulièrement les malades de notre paroisse, les endeuillés, ceux qui souffrent et qui n’osent pas le dire. Pose ton regard et ta main sur chacun de nous ; redonne-nous courage et espérance ; Viens guérir les cœurs fatigués ; redonne-nous patience et foi.

Donne-nous d’apercevoir ton Salut à travers la vie des autres ; prépare-nous à porter ensemble les fardeaux que nos existences peuvent contenir ; fais-nous sentir ce que signifie « être une communauté ».

Par ta parole, par ses promesses, par ton Esprit, tu peux nous aider à nous relever mutuellement et à guérir de tous les maux.

Reçois maintenant nos demandes personnelles, nos questions, nos joies partagées…nous les unissons en te disant :

Notre Père


Chant : bénis ô Dieu nos routes AEC 616/4


Bénédiction

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