Panier garni du 15 mars 2026
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15 mars 2026 - 4ème dimanche de carême "Laetare"
Culte de Sainte Cène

Prélude à l’orgue
Accueil „Laetare“ „Réjouissez-vous“ : à vrai dire cette exhortation est étonnante car nous sommes dans le temps du carême. Joie plutôt un thème de l’attente avant Noël, non ? Ce « laetare » annonce déjà la joie qui viendra au matin de Pâques, après les souffrances ! Laetare, c’est un sentiment : c’est une halte bienfaisante sur le chemin menant au Golgotha, c'est le pressentiment de la résurrection malgré l'expérience de l'abandon, malgré le secret de Dieu, c'est le pressentiment de la grâce. Laetare indique le chemin menant au ciel, le chemin du grain de blé jusqu'au pain, du don jusqu'au fruit, de la mort vers la vie. Le mot final appartiendra à la joie justement là où nous l'attendons le moins.
Le mot d’ordre du dimanche Laetare nous dit que : „Si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul, si au contraire, il meurt, il porte du fruit en abondance.“ (Jean 12 v 24). Nous réentendrons ce passage dans l’Evangile de ce matin.
CHANT d’assemblée : J’ai soif de ta présence AEC 626 ( 3 strophes) LOUANGE : Psaume du jour : Psaume 84, 6-13
P : Heureux les hommes dont tu es la force,
A : de bon cœur, ils se mettent en route.
P Ils traversent la vallée de la soif,
A : ils la changent en source vive.
P : La première pluie la couvre de bénédictions.
A : ils vont de hauteurs en hauteurs.
P : Ils se présentent devant Dieu à Sion.
A : Seigneur, Dieu de l’Univers, entends ma prière !
P : Dieu, vois notre bouclier, regarde le visage de ton messie.
A Un jour dans tes parvis en vaut plus que mille.
P Le Seigneur Dieu est un soleil, il est un bouclier.
A Le Seigneur donne la grâce, il donne la gloire.
Tous : Heureux qui espère en toi !
Répons de la louange : AEC 151, 1 Je louerai l’Eternel
PENITENCE Confession des péchés Nous venons à toi Seigneur Jésus ayant faim et soif de la vraie vie. Nous recherchons ta présence, ta paix. Nous sommes en recherche du véritable amour, nous avons besoin de pardon et espérons donner au moins un peu de sens à notre vie. C'est pourquoi nous te prions. Mais cette prière se limite bien souvent à l’heure que nous passons ici, à l’église, ensemble. Remplis de bonnes intentions, espérant te rencontrer dans ta Parole et dans ton Pain que tu nous partageras à tous ce matin. Seigneur tu nous as laissé ce commandement „Restez dans mon amour“ . Le Christ est resté dans l'amour, et nous devrions nous-aussi rester dans cette réalité d'amour. Nous reconnaissons nos échecs, nous en portons une responsabilité. Seigneur viens nous libérer des cycles répétitifs et stériles.
Viens nous délivrer de nos fausses joies, de nos hypocrisies, celles que nous alimentons avec les autres, et aussi avec toi Maître de la Vie.
Celui qui reconnait ses erreurs, ses manquements marche sur le chemin du pardon. Prions afin que Dieu nous fasse grâce ! Pour toutes les fois où nous ne nous prenons pas le temps de te parler, de reconnaître nos limites, prends pitié de nous. Amen. Répons : Même en courant plus vite que le vent, plus vite que le temps; Même en volant je ne prends pas le temps, pas le temps.
De te parler, de te faire monter mon humble prière
Vois ton enfant qui ne prend pas le temps de le faire!
PAROLE DE GRACE : Annonce du pardon L'amour de Dieu consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. 1.Jean 4,10
Un amour sans condition, fidèle, éternel, voilà ce que nous offre le Dieu de Jésus-Christ. Reconnus tout à la fois justes et pécheurs, pécheurs mais justifiés, chantons notre reconnaissance avec ces mots d’Esaïe :
Répons : AEC 167. Quand les montagnes
Prière d’illumination avant d’accueillir la Parole de Dieu : Prions Dieu maintenant que nous sommes en paix avec Dieu par le don fait en Jésus-Christ. ... Dieu miséricordieux, ton amour est la force qui peut tout changer. Permets que nous expérimentions une joie nouvelle venant du sein de nos larmes, la paix qui advient à la fin des conflits, le pardon donné à la culpabilité, la confiance alors qu'il n'y avait plus d'espoir. Accorde-nous la confiance que notre vie est pleine et réussie quand nous nous confions à Jésus-Christ ton fils, notre frère et Seigneur. AMEN
LECTURES BIBLIQUES :
Dans l’Ancien Testament, nous lisons dans le livre du prophète Esaïe, chapitre 54, versets 7-10 :
54 7 Pendant un court instant, je t'avais rejetée, mais, dans ma grande tendresse, je te reprends avec moi. 8 Dans un accès momentané de colère, j'ai refusé de te voir, mais, dans mon amour sans fin, je te garde ma tendresse. C'est moi, le Seigneur, qui te le dis, moi qui prends ta cause en mains. 9 « Je vais faire aujourd'hui comme au temps de Noé : j'avais promis alors que la grande inondation ne submergerait plus la terre. Je te promets de même aujourd'hui de ne plus m'irriter et de ne plus te menacer. 10 Même si les collines venaient à s'ébranler, même si les montagnes venaient à changer de place, l'amour que j'ai pour toi ne changera jamais, et l'engagement que je prends d'assurer ton bonheur restera inébranlable. C'est moi, le Seigneur, qui te le dis, moi qui te garde ma tendresse. » Pas de répons chanté.
2) Dans l’Evangile de Jean, au chapitre 12, nous lisons des versets 20 à 24 :
12 20 Quelques Grecs se trouvaient parmi ceux qui étaient venus à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête. 21 Ils s'approchèrent de Philippe, qui était de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent : « Maître, nous désirons voir Jésus. » 22 Philippe alla le dire à André, puis tous deux allèrent le dire à Jésus. 23 Jésus leur répondit : « L'heure est maintenant venue où le Fils de l'homme va être élevé à la gloire. 24 Oui, je vous le déclare, c'est la vérité : un grain de blé reste un seul grain s'il ne tombe pas en terre et ne meurt pas. Mais s'il meurt, il produit beaucoup de grains.
Chant d’assemblée : Grain de blé AEC 652 ( 2 strophes)
Message – prédication : Esaïe 66, 10-14

Nous voici donc arrivés au 15 mars. 4ème du Carême, et jour d’élections municipales aussi ! Notre texte de prédication de ce dimanche nous parlera aussi d’élection, de choix, de vote pour nous, peuple de Dieu. Dieu vote pour nous ! Tous candidats, tous élus !
Avec une belle image d’un Dieu mère (M-E-R-E) en ce jour où l’on choisit son maire, M-A-I-R-E. Je vous partage ce joli texte prophétique en Esaïe 66.
10 Vous qui aimez Jérusalem, réjouissez-vous avec elle, débordez de joie à cause d’elle. Vous qui étiez en deuil à cause de ses malheurs, soyez fous de joie avec elle !
11 Alors elle vous rendra courage. Vous serez rassasiés comme des bébés qui tètent avec joie le sein rempli de lait de leur mère.
12 En effet, voici ce que le SEIGNEUR dit : « Je vais faire couler vers Jérusalem le bonheur comme un fleuve, et les richesses des peuples comme un torrent qui déborde. Je prendrai soin de vous comme une mère le fait pour le bébé qu’elle allaite. Elle le porte sur son dos et le caresse sur ses genoux.
13 Oui, comme une mère console son enfant, moi aussi, je vous consolerai. À Jérusalem, vous serez consolés.
14 Quand vous vivrez cela, votre cœur sera dans la joie, et votre corps reprendra vie comme l’herbe après la pluie. » Le SEIGNEUR agira avec puissance pour ceux qui le servent, mais ses ennemis sentiront le poids de sa colère.
Une belle lumière, c ‘est l’effet que me renvoie ce passage. C’est vrai que ce dimanche Laetare évoque la joie, mais nous sommes encore et toujours en chemin vers une réalité moins heureuse, a priori : la croix et sa souffrance. L’annonce de la Passion est encore devenue plus compréhensible ce matin : le sacrifice à venir est nommé et la mort s’approche. « Grain de blé qui tombe en terre » nous disait l’Evangile : cette petite mélodie de la mort que nous venons de chanter, mais aussi et en même temps, la grande mélodie de la Vie plus forte que la mort : « qui à Jésus s’abandonne trouve la vraie vie !
Je redis aussi ce matin, à l’écoute du texte prophétique, que le mois de mars est décidément très orienté vers la figure féminine. Je le rappelais déjà lors de l’AG de l’association Oberlin et encore lors de la méditation introductive au CP de cette semaine ; après la Journée Mondiale de Prière portée par les femmes, le 8 mars journée internationale des droits de la femme, nous voilà aux prises avec une magnifique image au cœur de notre passage : celle d’une mère qui allaite son nourrisson. On est bien loin de l’image d’un Dieu très masculin, usant de force et de puissance pour asseoir une domination sur les humains. Les premières civilisations avaient d’ailleurs plutôt foi en des déesses qu’en un Dieu masculin unique, indiquent les ethnologues et autres historiens des religions, comme Mircea Eliade par exemple.
Avec Esaïe, on s’éloigne aussi de cette image d’un vieillard à barbe grise qui trône dans des cieux lointains, regardant ses créatures avec un regard désabusé limite méprisant, prêt à les abandonner à leur triste sort.
Pour bien saisir les promesses du prophète qui nous sont adressées, il faudrait alors presque adopter la position d’un nourrisson. Il parait que nous tous, nous sommes passés par ce stade-là ! Bien sûr, aucun de nous ne peut se souvenir de ce qui appartient à ce si lointain passé. Je me rappelle de cette pub où on voyait un bébé hurlant s’enfoncer dans le sein maternel avec cette légende : « souvenez-vous des sensations de votre premier airbag », c’était pour les BMW, au milieu des années 90.
Et après le contact, plus de cris, ni larmes : petite musique enfantine disant ce sentiment de soulagement procuré par l’allaitement, la paix et le calme étaient revenus.
C’est aussi à cette gradation-là que nous renvoient les mots d’Esaïe : même tout le livre du prophète est une évolution. Avant la sérénité finale, était d’abord le temps des lamentations, des pleurs, des cris, de la colère vive et sonore.
Je repense à cette publicité pour BMW. Et plus largement à quelques-uns de mes souvenirs en tant que père…
Que manifeste finalement un nourrisson qui pleure ?
Est-ce qu’il pleure parce qu’il a faim, ou est-ce de l’inconfort, on encore un sentiment de peur ?
Est-ce de l’impatience ou de l’inquiétude ?
Ou peut-être que son cri, en plus d’un appel au secours, dit aussi une confiance, envers cet autre qui peut tout pour lui ?
Souhait d’être nourri, d’être désaltéré, comme Dieu nous y invite ce matin en Jésus-Christ autour du sacrement de la Sainte Cène…
Manger, boire, prendre soin, espérer : voilà des actions aussi vitales que nécessaires, pour notre corps, pour notre cœur.
Et rassurer, apaiser les craintes, et Dieu sait qu’elles sont nombreuses.
« Comme une mère console son enfant, moi aussi je vous consolerai. » : c’était le mot d’ordre d’une des années précédentes au sein de notre UEPAL.
Je repense aussi ce matin aux prières de nos sœurs et frères du Liban et du Moyen-Orient plus généralement : nous nous surveillons de près le prix du litre d’essence à la pompe, eux sont sur le chemin de l’exil, et dorment dans les rues. Leurs cris, leurs prières sont des appels au secours, ils disent aussi une confiance, envers cet Autre, Dieu, qui est leur appui.
Certainement que les mots du prophète qui se trouvent à la fin du livre d’Esaïe résonnent dans leur réalité du moment. Le trito-Esaïe, adressé à un peuple en exil qui a connu la défaite, l’humiliation, la séparation d’avec les racines paternelles, celles de la mère-patrie.
Ces mots qui sont à la fois un diagnostic mais aussi une prescription face à la situation. C’est le fait de s’éloigner de Dieu vous a conduit vers ce temps de malheur ; rappelle le prophète. C’est le diagnostic. Mais si au contraire, vous revenez à Dieu, les temps à venir seront plus heureux. C’est la prescription du bon Docteur Esaïe.
Ça parait simple ! D’une clarté limpide ( « klar wie hàrbse supp » ! dirait la mamema ) Il fait donc expliquer longtemps, et utiliser des images, des comparaisons, des métaphores. Déjà à l’époque, les hommes comprenaient vite ce qu’on leur expliquait longtemps.
Dans la finale du livre, on entend donc cet espoir de consolation, cette espérance pour le peuple de revivre des temps plus heureux.
Après la guerre, il y aura la paix ;
Après la faim, il y aura l’abondance ;
Après la sécheresse, il y aura la pluie ;
Après avoir connu d’une certaine manière la mort, il y aura la vie.
Avec Esaïe, avec tous les nourrissons du monde et leurs mères, avec tous les peuples de bonne volonté qui vivent dans ce monde, nous pouvons nous aussi nous placer dans la dynamique de l’espérance.
Pas après pas, comme Dieu a déjà accompagné le peuple hébreu du temps d’Esaïe, il nous aidera à avancer et à redonner de l’espérance à ceux qui en manquent.
Amen
( bref interlude musical à l’orgue)
Chant d’assemblée : Oh, prends mon âme AEC 602 ( 3 strophes)
Liturgie de Sainte Cène : Saint saint saint et Christ est venu
Intercession Seigneur tu nous offres la vie, tu nous appelles à la vraie vie du sein même de nos souffrances. Dieu notre Père le doute, la tristesse, les souffrances et les angoisses peuvent nous submerger. Accorde-nous l'espérance, permets que nous restions fermes dans la foi, avec les certitudes que donne la foi. … Permets que nous soyons unis au Christ, lui qui seul peut nous donner la vraie vie. C'est avec lui que nous surmonterons nos questionnements, que nous sortirons de nos impasses. Ta puissance peut tout transformer, transforme-nous Seigneur. ... Nous te prions Seigneur pour tous ceux qui sont chargés de T'annoncer par leurs paroles et par leurs actions. Bénis leur vocation, que ta vérité puisse accompagner leur travail, ta présence à leurs côtés ouvrir les cœurs de ceux qui leurs sont confiés. ... Nous te prions pour tous ceux qui exercent un pouvoir dans ce monde afin qu'ils favorisent la vie, la paix et la justice. Quand la justice est prononcée, que le discernement, la vérité et la justesse dominent. Quand la liberté mène ses combats, que ses acteurs restent profondément humains et qu’ils ne sombrent pas dans les excès. Quand la vérité est dite, que l'amour aussi continue à être dit. ... Nous te prions pour tous ceux qui souffrent de la faim et de la maladie, de l'absurde ou de la méchanceté. Nous te prions dans le silence de ces instants, pour ce qui nous pèse ou nous réjouit particulièrement. ... NOTRE PERE,…
Temps de communion ( hosties, vin et jus de raisin dans gobelets)
Annonces – offrande
CHANT DE BENEDICTION : AEC 890 Viens et nous bénis, 1+3
Bénédiction finale
Postlude à l’orgue



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