Panier garni du 12 avril 2026
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Premier dimanche après Pâques
Quasimodo Geniti 12 avril 2026
Prélude
Accueil : Au nom de Dieu Père, Fils et Saint Esprit soyez tous les bienvenus à ce culte du premier dimanche après la fête de Pâques.
Ce dimanche porte le nom de quasimodo geniti : ce sont les deux premiers mots de l'antienne latine du psaume de ce jour, le 116e.
« Quasi modo geniti infantes… » (« comme des enfants nouveaux-nés… »). Le Psaume rappelle la résurrection du jour de Pâques.
Le thème de ce dimanche Quasimodo Geniti s’intitule « la nouvelle naissance » : nous voulons nous rappeler le baptême en Christ et la vie nouvelle des ressuscités avec le Christ. D'où son nom de « dimanche de la nouvelle naissance ».
Et voici le mot d’ordre :
« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui, selon sa grande compassion, nous a fait naître de nouveau, par la résurrection de Jésus-Christ, d’entre les morts, pour une espérance vivante. » 1 Pierre 1
Chant : « Laisse-nous, Seigneur, entrer » AEC 219, 1, 2 et 4
Psaume 116 :
J’aime le Seigneur, car il m’entend quand je l’appelle.
Il a tendu vers moi une oreille attentive. Toute ma vie je ferai appel à lui.
Le Seigneur est bienveillant et fidèle, notre Dieu a le cœur plein d’amour.
Le Seigneur garde ceux qui sont simples ; j’étais tombé bien bas et il m’a sauvé.
J’aime le Seigneur, car il m’entend quand je l’appelle.
Il a tendu vers moi une oreille attentive. Toute ma vie je ferai appel à lui.
Répons : Gloire au Père et au Fils AEC 151, 4
Pénitence - prière pour déposer nos vies devant Dieu
Seigneur, par la résurrection de ton Christ, tu as ressuscité l’espérance et la foi dans nos cœurs. Tu nous as montré que la vie avait un sens, qu’elle ne s’arrêtait pas à l’échec de la souffrance et de la mort.
Et pourtant, Seigneur, nous sommes souvent si apeurés, si désemparés, si résignés face à la fragilité et aux limites de nos vies.
Que ta Parole qui nous invite à la vie au-delà de nos échecs et de nos tombeaux, nous remplisse d’espérance et de confiance pour aujourd’hui et pour demain.
Si la promesse de Pâques ne nous réchauffe pas le cœur, si nous avons toujours et encore du mal à croire en la vie plus forte que la mort et que toutes nos petites morts, prends pitié de nous Seigneur.
Répons : Prends pitié de moi, o Seigneur (Kumbaya) AEC 609
Grâce- parole de relèvement :
L’amour de Dieu envoyé pour nous a été manifesté en ceci :
« Dieu a envoyé son Fils unique pour que nous ayons la vie par lui. »
Notre Dieu, notre Père, nous accueille maintenant tels que nous sommes. Il nous réconcilie avec lui-même, avec nos frères, avec notre propre personne.
Il nous relève et nous envoie pour que nous soyons des hommes et des femmes de foi et de liberté.
Dieu nous pardonne ce que nous sommes. Il nous renouvelle, il nous offre une nouvelle naissance en notre seigneur Jésus-Christ. Il nous sauve !
Répons: Pour cet immense bonheur 2 strophes
Lectures bibliques
1) Première lecture : 1 Pierre 1,3-9
3Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ! Conformément à sa grande bonté, il nous a fait naître de nouveau à travers la résurrection de Jésus-Christ pour une espérance vivante, 4pour un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se souiller, ni perdre son éclat. Il vous est réservé dans le ciel, à vous 5qui êtes gardés par la puissance de Dieu, au moyen de la foi, pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps.
6C’est ce qui fait votre joie, même si maintenant, puisqu’il le faut, vous êtes pour un peu de temps attristés par diverses épreuves. 7Ainsi, la valeur éprouvée de votre foi – beaucoup plus précieuse que l’or, qui est périssable et que l’on soumet pourtant à l’épreuve du feu – aura pour résultat la louange, la gloire et l’honneur lorsque Jésus-Christ apparaîtra. 8Vous l’aimez sans l’avoir vu, vous croyez en lui sans le voir encore et vous vous réjouissez d’une joie indescriptible et glorieuse 9parce que vous obtenez le salut de votre âme pour prix de votre foi.
Introduction à l’alléluia :
Alléluia ! Le Seigneur est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia
Répons : Alléluia (prendre le refrain du AEC 257 Jésus, ton nom)
Deuxième lecture : Evangile de Jean 20, 19-29
Le soir de ce même dimanche, les disciples étaient réunis dans une maison. Ils en avaient fermé les portes à clé, car ils craignaient les autorités juives. Jésus vint et, debout au milieu d'eux, il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Cela dit, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Après ces mots, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ! Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchés obtiendront le pardon ; ceux à qui vous refuserez le pardon ne l'obtiendront pas. » Or, l'un des douze disciples, Thomas — surnommé le Jumeau — n'était pas avec eux quand Jésus vint. Les autres disciples lui dirent : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais Thomas leur répondit : « Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, si je ne mets pas mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai pas. » Une semaine plus tard, les disciples de Jésus étaient de nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Les portes étaient fermées à clé, mais Jésus vint et, debout au milieu d'eux, il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Mets ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté. Cesse de douter et crois ! » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « C'est parce que tu m'as vu que tu as cru ? Heureux sont ceux qui croient sans m'avoir vu ! »
Alléluia ! Le Seigneur est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia
Répons : Louange à toi ô Christ
CHANT : Il est une foi ancienne 3 strophes Rec Alléluia 52-09
Message
Je ne sais pas vous, mais je crois que les congés de Pâques vont faire du bien à tout le monde ! Que ce soit chez les scolaires ou même pour les adultes, on sent que le besoin de vacances, d’un autre rythme est nécessaire ! Fatigue, irritabilité, climat anxiogène à l’international, prix du litre d’essence, n’aident pas à être serein, c’est sûr !
L’épuisement psychologique guette, il est temps d’agir ! Vite, j’adopte le réflexe Esaïe 40 ! Notre texte de prédication du jour ressemble un peu à une cure de vitamines ! Au centre : un inlassable, un infatigable, un omniscient, un omnipotent qui partage sa force et sa vigueur à ceux qui sont fatigués et qui défaillent ! Je crois que nous sommes toutes et tous preneurs de ces mots d’Esaïe !
26Levez vos yeux en haut, et regardez ! Qui a créé ces choses ? Qui fait marcher en ordre leur armée ? Il les appelle toutes par leur nom ; Par son grand pouvoir et par sa force puissante, Il n'en est pas une qui fasse défaut.27Pourquoi dis-tu, Jacob, Pourquoi dis-tu, Israël : Ma destinée est cachée devant l'Eternel, Mon droit passe inaperçu devant mon Dieu ?28Ne le sais-tu pas ? ne l'as-tu pas appris ? C'est le Dieu d'éternité, l'Eternel, Qui a créé les extrémités de la terre; Il ne se fatigue point, il ne se lasse point; On ne peut sonder son intelligence.29Il donne de la force à celui qui est fatigué, Et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance.30Les adolescents se fatiguent et se lassent, Et les jeunes hommes chancellent;31Mais ceux qui se confient en l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles ; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point.
Ah ouais, sympa en effet ce que nous dit le prophète Esaïe ce matin. « Sauf que pour moi, diront certains, dans ma réalité, je ne ressens pas ces forces nouvelles… ».
M’élancer comme un aigle : c’était peut-être vrai un jour, lorsque l’inconscience ou la fougue de la jeunesse m’ont fait survoler les difficultés ! Lorsque tout allait bien, lorsque les tracasseries pouvaient être oubliées rapidement, comme lorsqu’une vague vient effacer les traces dans le sable, et que tout est neuf, vierge, beau.
A une époque, il était sans doute plus simple pour chacun de nous de pouvoir repartir à zéro. Sans regrets, sans appréhension, sans peur. Les temps étaient différents !
Mais ça c’était avant, comme le dit bien une publicité pour des lunettes. Avant les béquilles, avant la maladie, avant les caprices de la vieillesse et les articulations qui grincent !
Ou dans un autre registre : avant mon contrôle fiscal ou ma prise de sang…
Ou encore : avant de me retrouver seul… Avant d’avoir perdu mes enfants, mes amis, mes illusions, ma santé… Mon œil candide, ma foi qui déplace des montagnes….
Alors que fait-il cet inlassable, cet infatigable, cet omniscient, cet omnipotent qui partage sa force et sa vigueur à ceux qui sont fatigués et qui défaillent ! Ce beau texte d’Esaïe serait-il alors uniquement de la poudre aux yeux ? Un paradis artificiel dans lequel on pourrait se réfugier avant de retourner dans la vraie vie et son lot de soucis ? Une vapoteuse parfum « rêve » sur laquelle on pourrait tirer une bouffée avant de cracher ses poumons et de revenir dans la réalité ? Guten Morgen, ihr liebe Sorgen ! Seid Ihr auch schon alle da ? ////
Le thème de ce premier dimanche après Pâques, fête de la vie retrouvée, est la nouvelle naissance.
Une nouvelle naissance. Naître de nouveau.
Pas un jour peut-être, mais ici et maintenant.
Une idée qui pourrait en réjouir plus d’un !
Tout pouvoir recommencer depuis le début.
Ne plus commettre les erreurs du passé. Redémarrer et envisager sa vie d’une manière toute différente. Être moins attentif à ce que disent les gens, le fameux « qu’en dira-t-on ». Essayer un tout autre boulot que celui qu’on avait choisi il y a 20, 30, ou 40 ans. Il nous aura permis de construire notre vie, ce travail, mais est-ce que je me suis vraiment épanoui ? Réalisé ? Suis-je heureux dans mon couple, avec mes enfants, petits-enfants ?
Est-ce que je n’aurais pas pu ou dû faire les choses différemment…
Oh mieux vaut me pas trop y songer, ça me laisserait des regrets… Oui, mais quand même, recommencer sa vie et faire des trucs un peu fou du genre : admirer plus souvent le coucher de soleil, sortir plus souvent en soirée, se prendre le temps avec ses enfants, apprendre à jouer d’un instrument de musique, faire de la moto ou se prendre le temps de vivre, de bouquiner,…
La vitamine Esaïe 40 est un peu âpre et pas facile que ça à avaler… Quand on fait un tel bilan, c’est sûr que ça pique un peu. On rejoindrait alors l’expression de notre passage du matin qui dit que « ma destinée est cachée à l’Éternel. » Ce sentiment souvent partagé d’être oublié, invisible, livré à une vie où Dieu semble absent. C’est le cri de celles et ceux qui espèrent une intervention, un signe, une délivrance, et qui ne voient plus rien venir. A l’époque d’Esaïe, le peuple était en exil à Babylone. Comme nous aussi nous pouvons nous sentir quelquefois déraciné, déboussolé, désorienté, sans solution devant ce monde qui nous donne le tournis.
Beaucoup disent : « S’il y avait un Dieu bon, il n’y aurait pas tant d’injustices. » Quand la vie se fait lourde, ces pensées deviennent familières. Ésaïe décrit cet épuisement intérieur, cette lassitude spirituelle qui pousse à croire que Dieu a détourné son regard. Pourtant, c’est précisément dans ces moments‑là que le prophète parle. Il rappelle que celui qui a créé les étoiles, qui les appelle chacune par son nom, ne laisse tomber aucune de ses créatures. Même lorsque tout semble perdu, même lorsque les promesses paraissent lointaines.
Bien sûr, notre raison protestera : comment croire quand Dieu semble silencieux ? La Bible nous répond par un paradoxe : « Sans l’avoir vu, vous l’aimez. » Nous ressemblons souvent aux disciples d’Emmaüs : nous marchons, le cœur lourd, sans reconnaître Celui qui chemine pourtant à nos côtés.
Dans une belle formule, Ésaïe affirme que Dieu augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance. Paul complète : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. »
Martin Luther King aimait raconter qu’au cours d’une longue marche pour l’égalité des droits, une vieille dame s’est arrêtée et a dit : « Mes pieds sont fatigués… mais mon âme est reposée. » Cette phrase résume à merveille le paradoxe chrétien : le corps peut être épuisé, mais l’espérance — elle — demeure vive, car elle vient de Dieu.
Dans un monde à bout de souffle, les chrétiens que nous sommes portent une responsabilité spirituelle. Montrer qu’il est possible d’être « fatigué mais debout », éprouvé mais habité par la paix, blessé mais vivant, devient un témoignage puissant. La source de cette force, c’est l’événement que nous avons commémoré dimanche dernier : Pâques, c’est la résurrection du Christ après sa mort sur la croix qui était le lieu du désespoir absolu.
Parce que celui qui a dit « je suis la lumière du monde » a été ressuscité des morts, aucune chute n’est plus définitive : nous ne pouvons tomber plus bas que dans les bras de Dieu.
Esther Hillesum, femme de lettres et mystique juive plongée dans l’horreur des camps, écrivait, avant sa mort en Auschwitz en 1943 : « Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi. » Elle avait compris que Dieu ne nous épargne pas tout malheur, mais qu’il nous confie la mission de garder vivante sa lumière, pour la transmettre aux autres. Son témoignage prouve qu’une espérance peut subsister même au cœur de la nuit la plus sombre.
Martin Luther King affirmait : « La foi, c’est faire le premier pas même quand on ne voit pas tout l’escalier. » La foi, c’est avancer malgré l’incertitude, refuser que la peur ou l’injustice aient le dernier mot, croire que Dieu agit souvent dans le secret, parfois à travers notre propre fragilité et nos failles.
Ésaïe, Paul, Etty Hillesum, Martin Luther King : tous disent la même vérité. La fatigue n’est pas un échec, la faiblesse n’est pas une honte. C’est là, précisément là, que Dieu nous rejoint et renouvelle nos forces pour que nous puissions marcher, courir, et parfois même prendre notre envol.
Cette nouvelle naissance n’est pas un effort de volonté ou une expérience qui nous met au-dessus des autres, c’est un héritage « incorruptible ».
La nouvelle naissance ne nous retire pas des épreuves, mais elle nous donne une source nouvelle pour les traverser. Dans un monde où tout s’use et se flétrit, où les réputations se brisent d'un simple clic, notre identité de baptisés est un roc inébranlable.
Même avec nos faibles moyens, même avec notre propre fragilité, nous devenons les porteurs d'une paix qui nous dépasse. Être « né de nouveau », c’est recevoir un cœur renouvelé, un regard capable de discerner Dieu là où nous ne le voyions plus.
La nouvelle naissance, c’est la promesse que, même lorsque nos pieds sont fatigués, notre âme peut encore danser. Amen.
( et bref interlude musical à l’orgue)
CHANT : Jésus sort de la tombe AEC 483, 3 strophes
Annonces et offrande
Intercession
Seigneur, tu es le même, hier, aujourd’hui, éternellement.
C’est pourquoi nous te louons, ô Dieu notre Père, pour le témoignage unique que tu nous apportes par ton fils Jésus-Christ.
Par lui, et depuis le premier matin de Pâques, tu nous fais savoir que tu veux rester avec nous, près de nous, au-delà des temps et des âges, au-delà des espaces, au-dessus de tout, et dans la vie de chacun.
C’est pourquoi nous voulons déposer devant toi, Seigneur, les soucis, les questions et les détresses de tous. Console et réconforte tous les affligés, tous les malades du corps et de l’âme, tous ceux qui sont privés du secours humain, tous ceux qui souffrent injustement dans un monde inhospitalier.
Suscite des témoins joyeux et courageux de la bonne nouvelle de ta résurrection et de ton appel à ressusciter dès maintenant avec toi dans le quotidien de nos jours.
Nous te le demandons par Jésus-Christ notre Seigneur qui nous a appris à nous adresser à toi en te disant : Notre Père
CHANT : Viens et nous bénis AEC 890, 1
BENEDICTION:
“Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu”,
Vivons de cette joie, partageons-la, le Seigneur nous envoie dans notre quotidien vivre cette nouvelle, vivre cette paix avec d’autres, avec nos prochains.
Et que la paix et la joie de notre seigneur Jésus le Christ, le ressuscité, soient avec nous tous, tous les jours de notre vie.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. Amen
Postlude