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Panier garni de la Réformation, dimanche 25 octobre 2026

il y a 1 heure
11 min de lecture

 

Prélude festif à l’orgue et Accueil

Soyez bienvenus pour ce culte de la fête de la Réformation que nous célébrons au nom du Dieu trois fois saint.

Sola Gratia, la Grâce seule ; sola Fide : la foi seule et sola Scripture : l’Ecriture seule : le salut gratuit en Dieu, la foi sans les œuvres, l’accès direct à Dieu par la Bible, voilà ce que Martin Luther redécouvrait du côté de Wittenberg il y a plus de 500 ans. Bucer rapportera ce message à Strasbourg, Zwingli et Calvin en Suisse…Ecclesia reformata semper reformanda : l’église réformée est toujours à réformer disait Karl Barth, en reprenant Augustin d’Hippone. C’est encore d’actualité !

Aujourd’hui, nous protestants ou sympathisants du protestantisme, nous nous souvenons de l’action du moine Martin Luther et de sa protestation contre les dérives de l’Eglise de son temps, symbolisées par les Indulgences. C’était le 31 octobre 1517 que ses 95 thèses furent placardées par le futur Réformateur sur les portes de l’église de l'Université de Wittemberg. La Réforme n’est pas seulement un acte historique, une commémoration festive ; je crois qu’elle est et reste surtout un combat à mener encore aujourd’hui dans l’Eglise du Christ, souvent désunie, en recherche de paix et de vérité. Ce n’est pas un simple cocorico protestant que la Réformation, c’est aussi un retour à la source, à la Bible et à la liberté qu’elle propose, en lien avec nos responsabilités de chrétiens pour ce pays, pour ce monde.

 

Rappelons donc déjà du verset de la semaine, nous redit ce qui constitue le cœur de notre foi, à savoir Jésus le Christ. Ainsi il est écrit : « Personne ne peut poser un autre fondement que celui qui est en place, à savoir Jésus Christ » 1 Cor 3, 11

En ce jour de la fête de la Réformation, trouvons force et réconfort dans cette promesse du Psaume 46 dont Luther s’est inspiré pour son fameux cantique « Ein feste Burg ist unser Gott » « Dieu est pour nous un abri sûr, un secours toujours prêt dans la détresse. C’est pourquoi nous n’avons rien à craindre quand la terre est bouleversée » Psaume 46, 2-3

CHANT : c’est un rempart AEC 543, 3 strophes ( la dernière en allemand)

 

Psaume 46 (en alternance) :

P : Dieu est pour nous un abri sûr,

Ass : un secours toujours prêt dans la détresse.

P : C'est pourquoi nous n'avons rien à craindre,

Ass : même si la terre se met à trembler, si les montagnes s'écroulent au fond des mers.

P : Dieu est là, dans la ville, elle tiendra bon ;

Ass : dès que le jour se lève, il lui apporte son secours.

 

Répons : Louange et gloire à ton nom AEC 271, 1+2

 

Pénitence : C’est en lisant assidûment la Bible et notamment l’épître de Paul aux Romains, que Martin Luther redécouvrit le sens formidablement libérateur et à l’origine du mouvement réformateur de cette vieille parole écrite jadis par le prophète Habacuc au 7ème siècle avant Jésus-Christ et citée souvent par l’apôtre Paul :

Le juste vivra par la foi. (Habacuc 2.4)

 

Je vous invite à la prière :

Le juste vivra par la foi, pour nous aussi cette Parole est première.

Le juste vivra par la foi, mais pas par n’importe quelle foi ! Pas celle qui appelle à la haine, à la division, au meurtre…

 

Seigneur,

Tu nous appelles à être intègres, à pratiquer la justice et la vérité.

Nous sommes divisés, prisonniers de nos hypocrisies et de nos jugements.

Tu nous appelles à pratiquer le droit et à aimer la bonté. L’actualité est comme tous les ans à cette période encore marquée par les fanatismes, les crimes, les injustices, les cris de désespoir…

Nous te prions pour que, par ta grâce, la foi, l’Évangile, l'amour, la justice... ne soient plus de simples mots entendus dans la Bible que nous lisons, mais qu'ils deviennent des signaux qui jalonnent la route sur laquelle nous marchons. Sur nos routes ensanglantées par le sang de martyrs qui sont morts à cause de leur foi, sur les chemins de ce reconfinement qui nous angoisse et paralyse nos activités…

 

Répons : Seigneur reçois, Seigneur pardonne AEC 407, 1

 

Annonce de la grâce : Le juste vivra par la foi.

Telle est la belle assurance que Paul partage avec les Corinthiens :

Dieu vous a unis à Jésus-Christ, il a fait du Christ votre sagesse.

Par le Christ nous sommes rendus justes devant Dieu, nous sommes amenés à vivre pour Dieu, nous sommes délivrés du péché.

(l Corinthiens 1.30)

Peuple de Dieu, choisi pour exister, pour témoigner ; peuple devenu libre en Jésus-Christ, Chantons notre reconnaissance :

Répons : Dieu fait de nous AEC 537, 4ème strophe

 

LITURGIE de baptême de Marius LEFAUCHEUX

Fils d’Aurélien et de Florence (mariés en 2023 ici)

Filleul de Lucas et d’Audrey

 

Chant de baptême: "Je crois en toi AEC 566, 1 strophe

 

 

Prière : Père Tout-Puissant et miséricordieux, écoute-nous lorsque nous te demandons par la prière de rester près de nous avec ta Parole vivante ; aide-nous de la comprendre par la foi et par des actes concrets.

Par Jésus-Christ, qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit d’éternité en éternité. Amen.

 

Lecture de Romains 3 :

21 Mais maintenant, Dieu nous a montré comment il nous rend justes devant lui, et cela sans l'intervention de la loi. Les livres de la Loi et des Prophètes l'avaient déjà attesté : 22 Dieu rend les hommes justes à ses yeux par leur foi en Jésus-Christ. Il le fait pour tous ceux qui croient au Christ, car il n'y a pas de différence entre eux : 23 tous ont péché et sont privés de la présence glorieuse de Dieu. 24 Mais Dieu, dans sa bonté, les rend justes à ses yeux, gratuitement, par Jésus-Christ qui les délivre du péché. 25 Dieu l'a offert en sacrifice afin que, par sa mort, le Christ obtienne le pardon des péchés en faveur de ceux qui croient en lui. Dieu a montré ainsi qu'il est toujours juste : il l'était autrefois quand il a patienté et laissé impunis les péchés des hommes ; il l'est dans le temps présent, puisqu'il veut à la fois être juste et rendre justes tous ceux qui croient en Jésus.

27 Y a-t-il donc encore une raison de nous enorgueillir ? Non, aucune ! Pourquoi ? Parce que ce qui compte, ce n'est plus d'obéir à la loi, mais c'est de croire. 28 Nous estimons, en effet, qu'un être humain est rendu juste devant Dieu à cause de sa foi et non parce qu'il obéirait en tout à la loi.

Bref interlude à l'orgue avant le message

 

Prédication: Matthieu 10, 26b-33

Notre actualité nationale nous place face à un constat brut : notre pays traverse des heures de profondes fractures. Les récents événements, marqués par des scènes de chaos, des mairies incendiées, des commerces pillés et des tensions exacerbées par la vie chère, agissent comme un miroir de nos propres insécurités. Face aux images de violence et au sentiment d'une précarité grandissante, la peur s'insinue facilement dans nos foyers. C'est une peur légitime de l'avenir, la peur du lendemain, la peur des autres, le constat qu’aucun gouvernement, même demain, pourrait inverser l’ordre des choses : cette désagréable impression de gérer du mieux possible l’urgence, on navigue à vue sans cap précis. J’évoquais dimanche dernier nos intranquillités qui font que nos enfants, nos enseignants, nos soignants, nos actifs, nos retraités ne vont pas bien !

 

Pourtant, c'est précisément au cœur de ce climat d'incertitude que la voix de Jésus va retentir en ce dimanche de la Réformation 2026.

 

Partage du texte : Matthieu 10, 26b-33

 

26b « N’ayez donc pas peur des humains. Tout ce qui est caché sera découvert, et tout ce qui est secret sera connu.27 Ce que je vous dis dans la nuit, répétez-le en plein jour ; ce qui vous est chuchoté à l’oreille, criez-le du haut des toits.28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt Dieu, qui peut faire périr à la fois l’âme et le corps dans l'enfer.29 Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Pourtant, il n’en tombe pas un seul à terre sans la volonté de votre Père.30 Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.31 N'ayez donc pas peur : vous valez plus que beaucoup de moineaux !32 « Quiconque déclarera publiquement qu'il est mon disciple, je déclarerai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux qu'il est mon disciple.33 Mais si quelqu’un prétend publiquement ne pas me connaître, je prétendrai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux ne pas le connaître. »

 

C’est un appel presque provocateur, insistant que nous venons d’entendre : la voix de Jésus qui nous dit : « Ne craignez pas ». Par trois fois, ce commandement nous est adressé, non pas comme une formule magique pour nier le danger, mais comme une boussole spirituelle pour ne pas nous laisser paralyser. En tant qu'héritiers de la Réformation, nous savons que la foi protestante est née, elle aussi, d'un combat titanesque contre la peur. Rappelons-nous Martin Luther. Avant d'être le réformateur audacieux, Luther était un homme terrifié. Vous savez pourquoi il est devenu moine ? Parce qu’un jour, encore adolescent, il s’est retrouvé au milieu de l’orage, des éclairs, de la foudre… Il a peur pour ses fesses et a promis au Ciel que s’il en réchappait, il entrera dans les ordres… Et c’est ce qu’il a fait : par peur, il est devenu moine ! Et cette peur l’aura encore hantée bien plus tard, devenu adulte… La peur se sera même démultipliée à force qu’il avançait dans la vie et dans son apprentissage de moine catholique :  peur du jugement divin, peur d'un Dieu vengeur et implacable, et bien sûr, l'angoisse viscérale de ne jamais en faire assez pour mériter son Salut. Cette peur, alimentée par les dérives de l'Église de son époque, paralysait son âme. Il était québlo, le Martin !

 

Mais en plongeant son regard dans l'Écriture, Luther a redécouvert la vérité libératrice de l'Évangile : le Salut ne s'achète pas comme le proclamait pourtant le Pape Léon X et tous ceux qui s’enrichissaient sur le dos de la populace crédule : « achetez des indulgences, vous n’irez pas au purgatoire ! Et ça aiderait à construire la basilique St-Pierre, à Rome ! » Donnez, donnez, dooo-nnez, donnez-moi. ; Dieu vous le rendra ! »

Voilà l’Europe chrétienne de ce début du 16ème siècle. Régie par le mensonge et par la peur…

 

Puis il y a eu ce déclic, un détonateur réformateur : Luther a simplement redécouvert que le Salut se reçoit gratuitement par la foi seule. Lorsqu'il a compris que Dieu ne demandait pas des sacrifices angoissés mais offrait un amour inconditionnel, sa peur s'est dissoute. C'est cette libération intérieure qui lui a donné le courage de tenir tête aux puissants de son temps, à l'Empereur Charles Quint et au Pape, en déclarant : « Je ne puis ni ne veux rien rétracter, car il n'est ni sûr ni honnête d'agir contre sa conscience. »

 

Luther a surmonté la peur des hommes parce qu'il a ancré sa vie dans la confiance absolue en Dieu. Comme l'écrira plus tard le théologien allemand Dietrich Bonhoeffer, « celui qui craint les hommes ne craint pas Dieu, mais celui qui craint Dieu n'a plus rien à craindre des hommes ».

 

Aujourd'hui, nos concitoyens français ne craignent plus le jugement des flammes de l’enfer et de la géhenne médiévale, mais ils craignent l'effondrement social, la précarité économique, et la perte de repères communs. Perdre ses repères, ne plus se sentir en phase avec ce qui se passe dans la société, ça commence quand on se demande si c’est bien normal que des « animaux non éduqués » sortis d’on ne sait où taguent des églises, incendient des mairies et tirent sur la police à balle réelle. J’ai aussi déjà manifesté, mais jamais de cette manière ! Et en bon protestant que je suis, je proteste et je m’offusque de ce qu’est devenue la France.

 

La tentation collective face à ces états de faits est double : soit je me replie sur moi et je me protège moi et ma famille, soit j’entre dans une violente colère destructrice.

Mais ce matin, j’essaye aussi de faire de la place à cette 3ème voie.

 

Le texte de Matthieu nous offre une autre voie. Jésus nous dit : « Tout ce qui est voilé, caché, sera dévoilé, découvert ».

Dans notre société saturée de fausses informations, de discours clivants et de colères immédiates, le chrétien est appelé à ne pas céder à la panique. La peur obscurcit le discernement, elle nous pousse à chercher des boucs émissaires. Christ nous invite à la clarté, à proclamer la vérité sur les toits, non pas avec agressivité, mais avec la force tranquille de ceux qui se savent être dans leur bon droit.

 

Et pour nous faire redescendre en pression, Jésus utilise une image ultra-simple : « Est-ce qu’on ne vend pas deux petits moineaux pour trois fois rien ? Pourtant, pas un seul ne tombe sans que votre Père le sache. Même les cheveux de votre tête sont tous comptés. »

Traduction pour notre époque : à l'heure de la mondialisation où l'on se sent parfois interchangeable, invisible, ou réduit à un simple numéro de Sécu ou à des stats de sondages, Dieu nous dit : « tu as une valeur de dingue à mes yeux ».Et en alsacien, un petit moineau, c’est mignon, c’est un « spatzele ».

 

Alors mes cher amis de la Réforme, mes chers spatzele,

 

Être protestant aujourd'hui, ce n'est pas s'enfermer dans un club de nostalgiques. C'est assumer sa foi sur le terrain, en mode public. Jésus nous appelle à nous déclarer pour lui.

Ne laissons pas les chaînes d'info en continu ou les flux de nos réseaux dicter la météo de notre cœur.

Comme les Réformateurs ont su le faire en leur temps, levons la tête. Nous sommes aimés, nous sommes portés et nous sommes légitimes, surtout dans un pays bâti sur des valeurs judéo-chrétiennes !

 

Alors, on désactive la peur, et on passe en mode confiance.

Amen.

 

Cantique : Vous qui ployez sous le fardeau AEC 625, 4 strophes

 

Intercession : Seigneur notre Dieu, nous voulons en ce jour de fête pour notre Eglise te remercier d’offrir toujours et encore des femmes et des hommes courageux qui répandent ton enseignement de vie. Merci pour notre baptisé du jour, qui rejoint ton Eglise.

 Aide, Seigneur, que ta Parole touche à son but, sans que nous soyons obsédés par nos manquements et nos performances personnelles.

 

Nous te prions pour notre paroisse, notre Eglise locale et universelle, pour celles et ceux qui se laissent bousculer par ton Evangile ; pour ceux qui osent se lever et qui revendiquent leur foi dans des contextes politiques hostiles. Que nous ayons aussi le courage de rappeler notre foi dans le monde laïcisé qu'est le nôtre, que nous soyons fiers d'appartenir à ton peuple. Dieu tout-puissant, rappelle-nous toujours que personne ne peut nous faire du mal, sans se nuire mille fois plus à tes yeux.

 

Quand on regarde le flux d'actualités ce matin, on a parfois juste envie de fermer les yeux ou de passer en mode avion. Les tensions, la précarité, la violence dans nos rues et la colère qui s'exprime un peu partout en France... Tout cela nous fragilise. On te confie notre pays et nos concitoyens. Dans ce climat de doutes et de fractures, mets sur nos chemins des artisans de paix, des personnes capables d’écouter plutôt que de hurler, et d'unir plutôt que de diviser.

Seigneur, déconnecte-nous de nos peurs. Tu connais nos bugs intérieurs, nos angoisses pour la fin du mois, pour notre avenir ou celui de nos proches. Rappelle-nous, comme tu l'as rappelé à Luther en son temps, que notre valeur ne dépend pas de nos performances, de notre statut social ou de ce que les autres pensent de nous. Nous valons plus que tous les moineaux du monde à tes yeux. Nos cheveux sont comptés, nos vies sont connues, et nous sommes aimés sans condition.

Donne-nous le courage de sortir de notre zone de confort et d'assumer notre foi au grand jour. Aide-nous à ne pas être des chrétiens en mode "silencieux". Permets-nous de traduire ta grâce en actes concrets dans nos quartiers, nos familles et nos lieux de travail. Que notre bienveillance surprenne, que notre espérance bouscule le cynisme ambiant, et que notre confiance serve de repère à ceux qui tremblent.

Et comme de vrais enfants de Dieu, disant en parfaite amitié non pas « mon Père » mais …« notre Père …qui es aux cieux… »

 

Annonces et Introduction à l’offrande

(avec présentation des projets à soutenir)

Offrande dans les bancs (interlude à l’orgue svp)

 

CHANT : Si Dieu pour nous s’engage AEC 622, 1 et 3

 

Bénédiction :

Poursuivez votre route dans le Christ, Jésus le Seigneur, tel que vous l’avez reçu.

Soyez enracinés et fondés en lui, affermis dans la foi et débordants de reconnaissance.

Et que le Dieu tout-puissant et miséricordieux ; maître de votre passé de votre présent et de votre avenir,

Que le Dieu de toutes les réformes vous bénisse et vous garde,

le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Amen

 

Postlude à l’orgue

 
 
 

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