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Panier garni du 18 octobre 2026

il y a 17 heures
10 min de lecture

20ème Dimanche après la Trinité 2026

Dimanche 18 octobre 2026 – culte avec Sainte Cène

 

Prélude

Accueil : La grâce et la paix nous sont donnés de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ notre sauveur.

Soyez les bienvenus à ce culte du 20ème dimanche du temps de la Trinité dont le thème nous invite à nous mettre à l’écoute des commandements de Dieu pour essayer d’en être des dignes serviteurs.

Le prophète Michée nous dit en quoi cela consiste : « On t'a fait connaître, toi l’humain, ce qui est bien et ce que le Seigneur demande de toi : C'est que tu pratiques la justice, que tu aimes le pardon, et que tu marches humblement avec ton Dieu. » (Michée 6.8).  

C’est le mot d’ordre de ce dimanche et de toute la semaine.

Etre juste, savoir pardonner, être humble, ce n’est pas aussi évident que cela. Dans un monde où des humains et des inhumains se croisent et s’affrontent, il est bon de nous souvenir ce qu’est le bien et de le pratiquer.

Un commandement que le Christ nous a laissé, qui est le plus grand de tous selon l’Evangile, c’est d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute sa force et de toute intelligence. Et d’aimer son prochain comme soi-même.

C’est là la nouvelle loi posée par le Christ, les commandements nouveaux qui dépassent les 10 commandements, et les 613 commandements de l’Ancien Testament : 365 positifs ( tu feras…) comme les jours de l’année, et 248 négatifs ( tu ne feras pas…) comme les os de notre corps…

 

Et ensemble, nous voulons chanter

                                                                   

CHANT : AEC 225  Viens en cette heure 2 strophes

 

Louange Psaume 119 (pas en entier 176 versets ! un extrait, juste)

 

P : Heureux ceux qui sont intègres dans leur voie;

A : Ceux qui suivent la loi du Seigneur !

P: Je veux observer tes prescriptions ;

A : ne m'abandonne pas !

P : Je te cherche de tout mon coeur ;

A : ne me laisse pas m'égarer loin de tes commandements !

P : Ouvre mes yeux pour que je contemple les merveilles de ta loi !

A : Eloigne de moi la voie du mensonge, et accorde-moi la grâce de ta loi !

P+A : Seigneur, fais-nous vivre selon ta Parole !

 

Répons : Je louerai l’Eternel AEC 151, 1

 

Pénitence : Seigneur apprends-moi ta loi, la loi du coeur, celle qui respecte l’autre. Pas une loi qui brise et qui enferme, mais une loi d’amour qui éveille et non une loi qui surveille. Pas la loi d’odieuse vengeance au nom de principes religieux reniant l’autre dans sa différence, pas la loi du œil pour œil, tu me fais du mal, je te fais du mal.

Seigneur, apprends-moi ta loi ; ta loi du coeur ; ton commandement d’amour ; Pardon Seigneur pour les manquements à ta loi ; et surtout pour la loi appliquée à la lettre ; pardon pour toutes les lois instaurées par les hommes qui ont mis tes créatures à genoux, celles qui l’ont humilié.

Pardon pour toutes ces lois qui permettent de punir injustement à cause de la couleur de la peau, à cause d’un nom ou d’une origine ; pardon pour toutes ces lois infâmes qui aujourd’hui encore par toute la terre, crucifient l’homme et sa liberté.

Donne-moi, Seigneur de vivre selon le régime de ta loi qui met l’homme debout.

 

Répons : Ne laisse pas ma foi AEC 629 1

 

Annonce du pardon – Parole de relèvement

Jésus est venu accomplir la loi, la dépasser pour nous donner un commandement nouveau : ce n’est plus œil pour œil, mais aime Dieu de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même.

 

Ce matin, le Seigneur nous dit par la bouche du prophète Jérémie :

« Voici des jours pleins de soleil, je mets ma loi au fond de vous-mêmes, je l’écris dans vos coeurs ! Plus besoin de vous dire l’un l’autre :  Apprends à connaître le Seigneur ! Tous vous me connaîtrez, des plus petits aux plus grands et je pardonnerai… »

Répons : Pour que le jour qui se lève AEC 514, 1

 

Lecture biblique :  Evangile de Marc chapitre 10, versets 2-9

2Quelques Pharisiens s'approchèrent de lui pour lui tendre un piège. Ils lui demandèrent : « Notre loi permet-elle à un homme de renvoyer sa femme ? »

3Jésus leur répondit par cette question : « Quel commandement Moïse vous a-t-il donné ? »

4Ils dirent : « Moïse a permis à un homme d'écrire une attestation de divorce et de renvoyer sa femme. »

5Alors Jésus leur dit : « Moïse a écrit ce commandement pour vous parce que vous avez le coeur dur. 6Mais au commencement, quand Dieu a tout créé, “il les fit homme et femme”, dit l'Écriture. 7“C'est pourquoi, l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, 8et les deux deviendront un seul être.” Ainsi, ils ne sont plus deux mais un seul être. 9 Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. »

 

CHANT : Dieu fait de nous AEC 537, 1-3

 

Message Marc 2, 23-28


Question géographie : qui sait où se trouve le Bld Gambetta à Strasbourg ? ( quartier des Contades, pas loin du parc, perpendiculaire à l’Avenue de la Paix). J’ai habité au n° 4 pendant quelques années, lorsque j’étais jeune. C’est historiquement le quartier juif de Strasbourg, la synagogue est à 2 pas. Et lorsque venait le vendredi soir, c’était la métamorphose : le sabbat démarrait. Et quand c’est « shabbat », comme on dit là-bas, pas le droit de prendre la voiture, pas le droit d’utiliser de l’argent, ni aucune source d’énergie. Pas de sonnette ni d’ascenseur du coup, même pour aller partager le repas du sabbat chez tata Monique qui habite au 6ème étage. Elles ont intérêt à être bonnes les boulettes…

Le sabbat comme jour mis à part, où il était évidemment interdit de travailler comme le rappelle les 10 commandements. Un jour sanctifié, un jour sanctuaire. C’est un jour de sabbat justement que se déroule cette histoire, narrée dans l’Evangile de Marc, chap. 2.

 

Texte : Marc 2, 23-28

23 Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé. Tout en marchant, ses disciples se mirent à cueillir des épis.24 Les pharisiens dirent à Jésus : « Regarde ! Pourquoi font-ils le jour du sabbat ce qui n’est pas permis ? »25 Jésus leur répondit : « N’avez-vous jamais lu ce que faisait David quand il s'est trouvé dans le besoin et qu'il a eu faim, lui et ses compagnons ?26 Il est entré dans la maison de Dieu, à l'époque du grand-prêtre Abiatar, il a mangé les pains offerts à Dieu et en a donné aussi à ses compagnons, alors que seuls les prêtres ont le droit d'en manger ! »27 Puis Jésus leur dit : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat.28 Ainsi, le Fils de l'homme est maître même du sabbat. »

 

Imaginez la scène : c’est le week-end, il fait beau. Les disciples se baladent dans les champs. Ils ont un petit creux. Pas de boulangerie ouverte, alors ils tendent la main, cueillent quelques épis de blé, les frottent entre leurs paumes et mangent les grains. Un geste totalement banal, instinctif. Le genre de truc qu'on fait en rando sans y penser.

Mais au bord du chemin, il y a la police des mœurs : les pharisiens. Pour eux, ce geste tout simple, c'est un scandale, un blasphème. Cueillir ? « Ah, vous moissonnez ! » Frotter les grains ? « Vous battez le blé ! » Et faire ça le jour du sabbat ? « C’est illégal ! » Ils ne voient plus des humains qui ont faim ; ils voient des cases à cocher sur le formulaire «  atteinte grave au jour du repos ». Ce vieux texte et ce qui s’y passe nous fera sans doute sourire : car oui, nous ne sommes pas juifs, il est vrai. Et les 613 commandements de l’Ancien Testament, le Christ les a résumés avec un simple double commandement : aime le Seigneur ton Dieu et aime ton prochain.

 Mais tout de même, ce texte évoque une menace réelle pour nous aujourd’hui, on le sent bien. Le repos, notre repos, celui du corps et de la tête, les juifs diraient de l’esprit, est bel et bien menacé, et toujours plus !

 

Certes, aujourd'hui, notre repos n'est plus menacé par des lois religieuses, mais par un autre culte, situé quelque part entre nos intranquillités et la performance. Intranquillités avec tout ce qu’on voit, ce qu’on entend, les images de ces pseudo-lycéens qui cassent, de ces politiques qui mentent et qui se rejettent les responsabilités. Mieux encore, qui légitiment la violence et incitent à la rébellion et aux outrages des forces de sécurité.

Performance : les actifs de 2026 sont la génération du flux tendu, du « je n’ai pas le temps », de l’hyperconnexion. Vite, je consulte encore mes mails même si c’est le week-end, d’ailleurs mon téléphone perso et celui du boulot, c’est le même ! J’arrive à répondre à un appel tout en continuant à lire ou à écrire un mail… Crac crac crac… Un jour ça va se fissurer là-dedans… Burn out, dépressions,… cachets, suicides…

Le repos ? Et pire que tout : quand je ne fais rien, j’en arrive à culpabiliser !

 

On scrolle sur nos téléphones pour « se détendre », mais on sature nos cerveaux de vidéos et d'infos.

On a fini par inverser le système : on ne se repose plus pour vivre ; on se repose uniquement pour être assez d'attaque pour bosser le lendemain. Le repos est devenu une simple vidange technique pour éviter que la machine ne fasse un burn-out. On mesure notre valeur humaine à notre productivité. C'est le capitalisme qui s'est infiltré jusque dans notre sommeil.

Le philosophe et essayiste politique coréen Byung-Chul Han analyse parfaitement ce piège moderne dans son ouvrage La Société de la fatigue :

« Le sujet de la performance se consacre à l'auto-exploitation jusqu'à l'effondrement. [...] Il se croit libre, mais il est en réalité son propre bourreau. ». Ça pique à entendre, mais je crois que c’est vrai !

 

Voilà où nous en sommes : nous sommes devenus nos propres pharisiens. Nous nous imposons des règles de rentabilité intenables, au détriment de notre santé et de notre humanité. C'est violent, c'est épuisant, et c'est exactement ce que Jésus vient dynamiter.

 

Face aux critiques, Jésus lâche sa formule choc, le cœur de sa pensée : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. » (v. 27).

À l'origine, cette phrase est un recadrage théologique radical. Jésus rappelle aux religieux que le sabbat n'est pas une divinité lointaine et sadique qui exige des sacrifices ou du stress pour être honorée. Le sabbat, c’était un cadeau de Dieu, une oasis de liberté au milieu de la semaine. Mais les pharisiens ont inversé l’ordre des choses : ils ont fait de l'humain l'esclave du rituel.

Aujourd'hui, nous faisons exactement la même chose avec nos structures modernes. Prenez la technologie ou les processus d'entreprise : ils ont été inventés pour nous libérer du temps, pour nous simplifier la vie. C'est l'outil qui devait être au service de l'humain. Mais regardez le résultat : nous sommes devenus les esclaves de nos propres outils. On stresse, et on se fait engueuler, parce qu'on n'a pas répondu à un mail dans la minute. Jésus nous tend un miroir : dès qu'une règle, qu'un outil ou qu'une structure sociale détruit l'humain au lieu de le faire grandir, elle perd sa légitimité divine.

 

Dans la Bible, le sabbat, c’est l’anti-Égypte. En Égypte, les Hébreux étaient des esclaves. Pas de pause, pas de week-end, juste du rendement pour construire les projets de Pharaon. Quand Dieu invente le sabbat, il pose un acte de résistance politique et spirituelle. Il dit : « Stop. Tu n’es pas une machine. Une fois par semaine, tu arrêtes de produire. Tu es mon enfant, pas un outil de rendement. »

Dire que le sabbat est fait pour l'homme, c'est affirmer que le repos est un droit divin gratuit. Vous n’avez pas besoin de « mériter » votre week-end en ayant abattu une charge de travail surhumaine.

Sur ce point, le théologien réformé Karl Barth rappelle avec force que le repos du sabbat est le sommet de la Création, car il nous libère de l'illusion que tout repose sur nos épaules :

« Le commandement du sabbat signifie que l'homme a le droit de cesser son travail pour se rappeler que Dieu a accompli son œuvre, et que le monde ne tient pas par l'effort humain, mais par la grâce divine. »

La grâce, c'est précisément cela : recevoir ce repos comme un cadeau, juste parce que vous existez, et non parce que vous avez été rentables.

 

Jésus conclut en disant qu’il est le « maître du sabbat » (v. 28). Il nous redonne la liberté. Il nous autorise à laisser des dossiers en suspens, des mails non répondus et une vaisselle pas faite pour privilégier la vie, la vraie : une discussion, un moment de silence, un repas partagé.

Quand les disciples mangent ces épis, ils profitent de l'instant présent sous le regard bienveillant de Jésus, qui s'en fout royalement du protocole.

Alors cette semaine, on respire. On lâche prise. Dieu ne gère pas un tableau Excel de votre rentabilité. Il vous attend sur le chemin pour vous offrir une vraie pause. Une pause qui répare. Une pause qui nourrit, à sa table. Amen.

 

                                       Interlude musical à l’orgue

 

AEC 584 Par ton corps 3 strophes (intro à la Cène)

 

Liturgie de Sainte Cène : Répons Saint saint saint AEC 863

 

Prière d'intercession :

Seigneur, Tu nous appelles à vivre de ton Evangile, à croire en l’amour et à le laisser agir en nous.

Tu ne veux pas que nous jouions aux héros, mais que nous laissions ton Esprit de paix faire son oeuvre en nous, que nous nous ouvrions toujours plus à sa présence et à son inspiration.

Tu nous aimes Seigneur et ton amour n’est pas conditionné par nos bonnes oeuvres.

Aujourd’hui, tu nous encourages à vivre selon cet Esprit et tu nous redis que c’est pour le bonheur, et non pour le malheur,que tu nous as créés.

Apprends-nous par ton Esprit, à être plus fraternels, plus humbles et plus attachés à toi.

Seigneur, tu ne nous as pas promis de nous épargner toute épreuve mais qu’en tout temps tu es à nos côtés et tu nous accompagnes. C’est pourquoi nous te prions pour ceux, parmi nous qui vivent des temps d’épreuve, de solitude et de souffrance. Accorde-leur la grâce de pouvoir reprendre pied et de croire que leur vie a un sens.

Et pour nous-mêmes nous te prions, travaille nos coeurs et nos pensées afin qu’ils s’accordent toujours davantage avec ta volonté et ton commandement d’amour. Que nous soyons les témoins de ton pardon auprès de ceux que nous côtoyons. Notre Père

 

 

CHANT FINAL : Naître, renaître 1 strophe

 

Bénédiction : Que le Dieu de la paix, de l'amour et de l'espérance vous bénisse et vous garde, le Père, le Fils et le Saint-Esprit !

 

 

Postlude

 
 
 

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