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Sur le tapis rouge...




Je peux me trouver au milieu d’affaires de plage, dans un pot de Nutella, je peux être en caoutchouc ou en or. On parle de moi dans la Bible, notamment lors de la fête de Soukkhot juive et des Rameaux chrétiens et dans l’Antiquité, j’étais l’attribut du vainqueur. Qui suis-je ?

La palme, que l’on trouve sur le palmier. Dans la Bible, il existe aussi le palme, qui est une unité de mesure, basée sur la largeur de la main (et oui, l’étymologie de « palmier »est en lien avec la paume). Mais celle qui nous intéresse s’écrit bel et bien au féminin : la palme.

Le palmier a le tronc dur mais son cœur est tendre : certains utilisent volontiers cette image pour définir les Alsaciens ; un tronc dur mais un cœur tendre !

Le chrétien dans le monde pourrait aussi s’en inspirer, du palmier du désert : dressé vers le ciel, nourri par une source intérieure, il s’adapte aux ambiances même défavorables pour le bien de tous.

Le psalmiste dit que « les justes croissent comme le palmier » (Psaume 91), ils sont au nombre de 70 dans le livre des Nombres, disciples de Moïse ; le roi Salomon en orna le Temple, avec des pilastres en forme de palmiers ( 1 Rois)

Celui qui a une place de choix dans l’Ecriture Sainte a pourtant été malmené dans la sphère de la botanique, où le palmier n’est pas répertorié dans la catégorie des arbres ; il a été exclu du classement ! Même s’il a les caractéristiques d’un arbre, il s’agit d’une plante issue de la famille des monocotylédones.

Dans la vie quotidienne, il a toutefois retrouvé une place de choix, apparaissant souvent dans les publicités pour vanter les endroits idylliques, sur des emballages de boissons rafraichissantes, sur des ornements de salle de bain ou dans la pâtisserie. A Dubaï, on en a même fait une île artificielle : arbre utopiste, arbre de la société de consommation.

Dans le christianisme, la palme est devenue un symbole de résurrection ; au-delà de la victoire, l’usage chrétien de la palme est nettement eschatologique (en lien avec les choses de la fin, retour du Christ), comme le confirme le bibliste et théologien Jean Daniélou dans son ouvrage Les symboles chrétiens primitifs.

On trouvera cette belle image dans le livre de l’Apocalypse, dans lequel, au chapitre 7, verset 9 : la présence des palmes dans les mains des martyrs, vainqueurs de la mort.

Peut-être est-ce le moment idéal pour rappeler qu’à Cannes, au-delà des polémiques sur et à côté du tapis rouge, il existe un jury œcuménique qui remet chaque année une palme. Les premières années, dès l’origine du Festival en 1939, protestants et catholiques attribuaient un prix chacun de leur côté ; en 1974, ils se regroupèrent. Bien évidemment que les chrétiens s’intéressent au monde des arts, et en particulier au 7ème d’entre eux : au cinéma, comme dans d’autres expressions artistiques, on trouve des intuitions sur la vie, les relations humaines, sur Dieu, même des intuitions théologiques fortes qui dépassent souvent leurs auteurs, le plus souvent déclarés agnostiques.

Ce juy œcuménique est invité chaque année par le Festival, comme le jury officiel et celui de la Presse. Au fil des ans, il récompensa les grands réalisateurs : Fellini, Truffaut, Lelouch, Loach, Almodovar,… tout comme des plus jeunes, encore inconnus, libanais, japonais,. Ils sont six membres, choisis parmi des adhérents de deux associations : Interfilm chez les protestants, et Signis pour les catholiques : des personnes engagées dans une vie de foi, ouvertes aux problématiques sociétales, cinéphiles avertis ou non.

En 2022, ce jury avait décerné son prix à un réalisateur sud-coréen, Hirokazu Koreeda, pour son film « Les bonnes étoiles », prix d’interprétation masculine également.

Silence, moteur, on tourne…

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