Panier garni du 27 février et prière pour la paix


Accueil : La grâce et la paix vous sont données de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ notre Seigneur.

Soyez tous les bienvenus à ce culte dont le nom "Estomihi" vient du début du psaume 31 : " Sois pour moi un rocher fortifié, une place forte pour que je sois sauvé. Ce dimanche "Estomihi" est le dernier dimanche avant le début du temps du Carême. Mercredi des cendres, après mardi gras, c’est déjà dans 3 jours ! En point d’horizon la Semaine Sainte, la croix, le dimanche de Pâques !

Etre disciple du Christ, c’est aussi se préparer à la croix, à l’abandon, sans oublier la fête de la Vie. Ce n’est pas un tiraillement au final, mais bien plus un complément : oser croire en la vie malgré toutes les puissances qui cherchent à nous entrainer vers l’obscurité.

Car avec Dieu, vous le savez, c’est toujours la vie qui gagne à la fin !

CHANT AEC 247 Célébrons le Seigneur strophes 1-3


Psaume 31 : Eternel, je cherche en toi mon refuge ; que jamais je ne sois confondu !

Incline vers moi ton oreille, hâte-toi de me secourir !

Sois pour moi un rocher protecteur, une forteresse, où je trouve mon salut!

Car tu es mon rocher, ma forteresse ; et à cause de ton nom tu me conduiras, tu me dirigeras.

Je remets mon esprit entre tes mains, tu me délivreras, Eternel, Dieu de vérité !

Je serai par ta grâce dans l'allégresse et dans la joie car tu vois ma misère, tu sais les angoisses de mon âmes, et tu mettras mes pieds au large.

La suite du Psaume 31, nous allons la chanter avec le répons qui suit :

Répons : Je me confie en toi AEC 154, 1-2

Pénitence :

Seigneur, nous sommes venus ce matin pour te célébrer, mais tu le sais, nous sommes aussi avec ce qui encombre nos cœurs et nos têtes.

A peine faisons-nous une chose, que nous pensons déjà à une autre.

A peine nous sommes-nous installés, que nous voulons repartir.

Nous avons de la peine à vivre l’instant présent, à faire vraiment halte, à nous mettre à ton écoute.

Et pourtant, nous le savons, c’est dans le calme et le repos qu’est notre force.

Seigneur, apprends-nous la patience et l’écoute, le repos et la disponibilité à ta présence !

Ecoute-nous, lorsque nous te prions comme en ce moment. Aide-nous toujours à oser nous ouvrir à toi.

En ce jour où l’amour est célébré, sans doute plus du côté business que sentiment, rappelle-nous aussi toutes les fois où nous avons mal aimé, toutes ce situations lors desquelles l’amour, la compassion, la solidarité fraternelle ont été absentes.


Pour avoir manqué d’amour, de patience et de tendresse, envers les autres, envers nous-même aussi quelque fois, prends pitié de nous !


Répons : Kumbaya my lord – Prends pitié de moi ô Seigneur


Annonce du pardon

L’apôtre Jean écrit : Si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur et il discerne tout (1 Jean 3 : 20)

Dieu est plus grand que notre cœur...Il connaît nos faiblesses, nos peurs et nos hésitations, Jésus-Christ est plus grand que notre cœur. Il a combattu la crainte et la peur. L’Esprit Saint est plus grand que notre cœur. Il nous délivre de nos peurs. Dieu le Père, le Fils, et le Saint Esprit, est plus grand que notre cœur.

Il nous relève, il nous pardonne.

CHANT : Quand les montagnes AEC 167

Prière avant les lectures :

Ce matin, nous allons ouvrir le livre, et entendre la parole de Dieu, dans la Bible..

Nous te prions pour qu’en l’écoutant, ta Parole s’accomplisse en nous.

Qu’elle ne soit pas une parole usée et vieillie, reçue sans flamme mais juste par habitude. Que nous puissions y trouver, y comprendre que tu as un mot à dire encore ce matin, à chacun de nous ici réunis. AMEN

Lectures bibliques

Première lecture : lettre de Paul aux Corinthiens, chap 13,

versets 1-13


1 Supposons que je parle les langues des hommes et même celles des anges : si je n'ai pas d'amour, je ne suis rien de plus qu'un métal qui résonne ou qu'une cymbale bruyante. 2 Je pourrais transmettre des messages reçus de Dieu, posséder toute la connaissance et comprendre tous les mystères, je pourrais avoir la foi capable de déplacer des montagnes, si je n'ai pas d'amour, je ne suis rien. 3 Je pourrais distribuer tous mes biens aux affamés et même livrer mon corps aux flammes, si je n'ai pas d'amour, cela ne me sert à rien.

4 Qui aime est patient et bon, il n'est pas envieux, ne se vante pas et n'est pas prétentieux ; 5 qui aime ne fait rien de honteux, n'est pas égoïste, ne s'irrite pas et n'éprouve pas de rancune ; 6 qui aime ne se réjouit pas du mal, il se réjouit de la vérité. 7 Qui aime supporte tout et garde en toute circonstance la foi, l'espérance et la patience.

8 L'amour est éternel. Les messages divins cesseront un jour, le don de parler en des langues inconnues prendra fin, la connaissance disparaîtra. 9 En effet, notre connaissance est incomplète et notre annonce des messages divins est limitée ; 10 mais quand viendra la perfection, ce qui est incomplet disparaîtra.

11 Lorsque j'étais enfant, je parlais, pensais et raisonnais comme un enfant ; mais une fois devenu adulte, j'ai abandonné tout ce qui est propre à l'enfant. 12 A présent, nous ne voyons qu'une image confuse, pareille à celle d'un vieux miroir ; mais alors, nous verrons face à face. A présent, je ne connais qu'incomplètement ; mais alors, je connaîtrai Dieu complètement, comme lui-même me connaît.

13 Maintenant, ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance et l'amour ; mais la plus grande des trois est l'amour.


Répons : Alléluia


Deuxième lecture :

Evangile de Marc, chap 8, versets 31-38

8 31 Ensuite, Jésus se mit à donner cet enseignement à ses disciples : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup ; les anciens, les chefs des prêtres et les maîtres de la loi le rejetteront ; il sera mis à mort, et après trois jours, il se relèvera de la mort. » 32 Il leur annonçait cela très clairement. Alors Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches. 33 Mais Jésus se retourna, regarda ses disciples et reprit sévèrement Pierre : « Va-t'en loin de moi, Satan, dit-il, car tu ne penses pas comme Dieu mais comme les êtres humains. »

34 Puis Jésus appela la foule avec ses disciples et dit à tous : « Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il cesse de penser à lui-même, qu'il porte sa croix et me suive. 35 En effet, celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour la Bonne Nouvelle la sauvera. 36 A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier, si c'est au prix de sa vie ? 37 Que pourrait-il donner pour racheter sa vie ? 38 Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles face aux gens d'aujourd'hui, infidèles et rebelles à Dieu, alors le Fils de l'homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. »


Répons CHANT A Dieu soit la gloire AEC 277, 1+2


Message

Ici et là, on s’apprête à se déguiser pour Mardi Gras, dans les écoles, dans les villes et villages pour la traditionnelle cavalcade de Carnaval…

Carnaval, "carne valere", cette période sans "carne", sans viande…

Avec ses masques, étymologiquement "maska", le faux visage, la sorcière et en catalan, le mascara, c'est le "noir", couleur de l'angoisse. Vous y repenserez devant votre miroir lors de la prochaine pose de mascara…

Dans 2 jours donc, Mardi-Gras… mais cela fait plusieurs jours que l’actualité en Ukraine nous occupe, nous préoccupe d'avantage.… le masque diplomatique porté par le président Poutine est tombé dans la nuit de ce 24 février, et son vrai visage est une nouvelle fois apparu : celui d’un dictateur frustré par la chute de l’URSS, voulant redonner à son pays les airs de la Grande Russie tsariste et de son absolutisme. Montrer ses muscles, avec le réarmement progressif de l’armée, le tout pour un pays qui a le même PIB que l’Espagne, c’est dire où sont les priorités.

Les dirigeants européens, l’OTAN, l’ONU appellent à la mesure et au discernement, les croyants s’unissent pour prier pour la paix. Nous en serons aussi ce matin, au moment de notre intercession.


Le texte de prédication de ce matin porte aussi en lui quelques aspects de « carnaval ».

Là aussi, les masques tombent !


Jusqu’alors, les « suiveurs » de Jésus étaient prêts à tout laisser pour ce qu’ils avaient entendu et vu : l’Amour de dieu pour hommes, des guérisons, même des résurrections opérés par le Christ sur les chemins de Palestine. Ayant vu et ensuite cru en l’homme de Nazareth, beaucoup auraient pu reprendre en chœur la confession de foi que Pierre donne au Christ : « Tu es le Messie » confession belle et profonde, faite de quelques mots. Profession de foi sincère mais éphémère.

Car voilà que Jésus parle à Pierre et à tous de l’impensable : l’avenir, le dessein du Fils de l’homme qui seront marqués par la souffrance, la Passion, la mort ; une annonce aussi sobre que claire.

Dans l’Evangile de Marc, cette annonce tient la place centrale : elle se situe très exactement entre l’enseignement du Christ, marquant la 1ère moitié de l’Evangile et son chemin vers la croix du Golgotha, qui occupe toute la seconde moitié du récit de Marc.


Ce matin, encore un carrefour, une intersection au cœur du message que veut nous laisser l’Evangile de Marc : Jésus va souffrir et va mourir… pour lui, pour Dieu, pour le monde…

Stupéfaction, choc, inquiétude, doute, peur… un peu comme ces sentiments que nous partageons depuis l’invasion de l’Ukraine. Et pas seulement à cause du gaz ou de l’essence qui risquent de s’envoler… Il suffira d’une étincelle… N’ayons pas la mémoire trop courte !

Dans notre texte :

Pierre, après sa confession de fois si pure, est maintenant saisi d’incompréhension il ne comprend pas, il n’accepte pas que l’avenir du Christ soit souffrance et mort.

Avez-vous remarqué qu’aucun des disciples ne semble avoir entendu jusqu’au bout la déclaration du Christ : « Il sera mis à mort, et après 3 jours il se relèvera de la mort ». Pas un seul ne questionne Jésus à ce sujet, ils ont entendu ce qu’ils voulaient entendre. Ils ont compris ce qu’ils voulaient bien comprendre, ce qui les arrangeaient d’entendre… Un peu comme nous, finalement…


Nous qui connaissons la fin de l’histoire, pouvons-nous rester enfermés derrière les masques de ceux qui font mine de ne pas savoir ?

Restons-nous obsédés par la mort annoncée ou sommes-nous déjà plus en avant ?

Notre foi s’arrête-t-elle le Vendredi Saint à la croix du Golgotha, événement historique que personne ne reniera ou arrive-t-elle jusqu’au tombeau vide du Dimanche de Pâques, événement historique ou vision spirituelle ?


Chers amis, en ce dernier dimanche avant le Carême, nous sommes invités personnellement à nous mettre en route vers la croix. Pas à rester spectateurs au bord du chemin ! Mais à faire ce pas décisif qui nous met du bord de la route SUR la route. C’est en franchissant des lignes qu’on change de statut, qu’on passe de spectateur à acteur. C’est en marchant dans la même direction, sur la même route qu’un dialogue peut naître et en cheminant ensemble on peut comprendre l’autre, on peut comprendre Dieu. Ceux qui franchissent des frontières en n’agressant pas les autres sont des porteurs de paix et de lumière. Mais il y a en aussi des autres…


« Je vais souffrir, beaucoup souffrir », annonce le Christ, cela renvoie à toutes les maltraitances qu’il subira, les coups, le fouet, les épines, les brimades et autres moqueries. Les souffrances de Jésus seront l’expression de la haine la plus pure, la plus gratuite. Souffrir, nous aussi, on connaît, même loin des terrains de guerre : on peut souffrir à l’école, au travail, derrière les murs de sa maison, dans son couple, dans son corps, et le plus souvent en silence, en cachette. Je crois que chacune et chacun possède son bagage d’expérience de la gamme de la souffrance. Mais le masque « social » nous cache un peu de la vue des autres….


« Je vais être rejeté » poursuit le Christ. Le rejet marque à mon sens un échelon supérieur par rapport à la souffrance : on ne joue pas sur le même niveau, ce n’est pas la même chose. On peut souffrir et pourtant rester digne ; lorsqu’une souffrance est connue et partagée, il ne nous est pas interdit d’éprouver de la sympathie pour celui ou celle qui souffre. « Suv-pathos » en Grec, littéralement : souffrir avec. Rejeter quelqu’un, c’est enlever à celui qui souffre toute son humanité, jusqu’à son existence même. L’Histoire est toujours en marche…

« Le Fils de l’Homme souffrira beaucoup, il sera rejeté et mis à mort ».

Pour Pierre le juif, imaginer son Messie mourir sur une croix, cela ne cadre pas avec ses représentations, l’Elu de Dieu, un mortel ?? Impensable !

Pierre réfléchit tels que les humains le font lorsqu’il est question de Dieu et de Salut : le Messie ne peut faire que parti de la catégorie des vainqueurs. Et il en sera, lui, le vainqueur de la mort, mais seulement au matin de Pâques ! Pierre attend du Messie ce que nous attendons tous de nos idoles : réussite et gloire. Pas de la souffrance, ni du doute, ni de déchéance abyssale.


Voilà pourquoi Jésus prononce le nom de Satan : Pierre n’est pas en lui-même un suppôt de Satan, mais ses représentations du Messie sont bien trop humaines, bien trop éloignées de la Vérité et de la Vie que Dieu nous offre en Jésus Christ. Gardons-nous pour autant de mépriser le disciple pour son instabilité et son ignorance, car en beaucoup de points, il est le miroir qui reflète notre image : nos imperfections, le paradoxe entre notre bonne volonté et les forces qui nous manquent pour aller jusqu’au bout !


Et si Jésus dit à Pierre : « va-t-en loin de moi, Satan » il ne fait pas de lui un anti-Dieu mais s’adresse à son ami ! Jésus cherche à lui faire briser le mur du refoulement derrière lequel Pierre veut se cacher : en annonçant sa mort, Jésus veut lui faire connaître la révélation absolue de l’Amour de Dieu !


Ce matin, nous sommes invités à faire tomber nos masques ; à prendre une position claire et définitive sur le chemin que Jésus nous propose.


Accompagner Jésus sur la route vers la croix, c’est suivre cette liberté qu’a le chrétien d’être lui-même !


Le Dieu des chrétiens n’est Dieu que parce qu’il n’a ni l’orgueil des idoles, ni le pouvoir des sorciers, ni la puissance des religions.

Le Dieu de Jésus Christ est un Dieu fragile qui a besoin de chacun de nous.


Croire en un Dieu crucifié, c’est croire en un Dieu qui garantit au malade la dignité ; qui garantit à l’enfant le droit de n’être pas encore un homme : au vieillard de n’être pas un fardeau.

Ce Dieu garantit à l’homme de n’être pas qu’une main d’œuvre monnayable, à la femme de n’être qu’un objet.


Qu’en ce dimanche ESTO MIHI, nous puissions dire avec le Psaume 31 :

« Esto mihi in Deum protectorem et refugii »

QUE DIEU SOIT POUR MOI MON PROTECTEUR ET MON REFUGE.


Et que cette prière avec le psalmiste nous fasse penser et prier pour ceux qui ont besoin d’être protégés des puissances de destruction, pour tous ceux qui vivent de près la guerre.




CHANT AEC 741 Evenou Shalom ( en entier 5 strophes)


Annonces


Prière d’intercession


Je vous invite à la prière :

Seigneur Dieu, avec tous les croyants qui, de par le monde, se réunissent aujourd'hui devant toi, nous adressons à toi notre prière commune :

Nous te louons pour TA Parole Sainte, source de vie et d’espérance.

.Nous te remettons ce temps qui nous mènera jusqu’à Pâques.


Bénis tous les âges de la vie : prépare les uns à entrer dans la vie active, à être de bons conjoints et parents, et les autres à saisir les promesses de l'expérience et du vieillissement et à rencontrer leur Dieu.

Nous pensons aussi à la souffrance au loin, dans les pays en guerre, dans les contrées ravagées par la famine et les maladies, pour les pays en révolte et en attente de liberté.

Protège nos familles et notre paroisse, et tous ceux qui les font vivre, les bénévoles qui s’y engagent qui donnent de leur temps et de leur personne.

Reçois maintenant nos demandes personnelles…. Notre Père

CHANT d’envoi : Toi lève-toi Rec Alléluia 62/86, 1+4


Envoi et Bénédiction

Un Père de l’Eglise, Jean Chrysostome, disait :


Rentrez à la maison, et préparez deux tables,

l’une avec les plats de la nourriture,

et l’autre avec les plats de l’Ecriture...

Faites de votre maison une église.


Ce que tu as vécu,

Ce que tu as entendu,

Ce que tu as vu,


Ne le garde pas pour toi.


Reprends-le ! Rumine-le ! Répète-le !


Tu es témoin de l’Evangile.



Postlude à l’orgue

0 commentaire