Panier garni du 2 août 2026
- 2 août
- 12 min de lecture
Culte du 9ème dimanche après la Trinité – dimanche 2 août 2026

Prélude à l’orgue et accueil :
Que la paix de Dieu Père, Fils et Souffle saint, soit avec nous tous pour ce temps de culte où nous retrouvons notre église.
C’est le 9ème dimanche du temps de la Trinité, son thème s'intitule "Gérants des biens de Dieu" : nous réentendons la parabole des talents. Elle nous redit que tous, nous avons reçu des talents, des dons qu'il s'agit de faire fructifier. Il s’agit d’abord de les découvrir en nous, puis d’essayer de les mettre au service (de Dieu et des autres) ; une de nos missions de vie ici-bas. Et ces dons et ces talents, évidemment, nous ne les avons pas choisis ! Tout comme nos limites, les choses que nous ne savons pas faire… Que ce soit la musique, la mécanique, la cuisine, le chant, l’écoute, le soin, l’éducation : tous, nous avons reçu quelque chose, c’est là aussi que je perçois et reconnais l’empreinte divine au plus profond de notre être.
Ni orgueil, ni fausse modestie ne sont attendus mais un engagement réfléchi et créatif au service de l'évangile, voilà ce que nous redit aussi le
mot d’ordre : « A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ;
A qui l’on a beaucoup confié ; on réclamera davantage » (Luc 12/48)
CHANT : Qu’aujourd’hui toute la terre s’égaye AEC 228, 1-3
Psaume 40, 9-12 :
Mon Dieu, j’ai plaisir à t’obéir, et je garde ta Loi tout au fond de mon cœur.
Dans la grande assemblée j’annonce la bonne nouvelle : Le Seigneur délivre. Je ne me tairai pas, tu le sais bien, Seigneur.
Je ne garde pas secrète la délivrance que tu m’as accordée, mais je dis que tu es un vrai sauveur. Devant la grande assemblée je ne cache pas ta fidèle bonté.
Tous : Toi, Seigneur, tu ne me fermeras pas ton cœur, et ta fidèle bonté sera ma constante sauvegarde.
Répons : Gloire soit au Père AEC 821
Pénitence :
Lorsqu’il n’y a plus ni regards, ni sourire…lorsque toute respiration semble arrêtée, lorsque l’espérance pour la vie semble éteinte ; lorsqu’il n’y a plus d’image, plus de mot, plus de souvenir du temps de la joie d’une vie accomplie ;
Lorsque nos yeux, nos bouches, nos cœurs se taisent,
Alors nous pouvons demander à Dieu son aide, son soutien et son pardon.
‘Texte du livre liturgique 9ème après Trinité)
Prends pitié de moi, ô Seigneur. AMEN.
Répons : Mon Dieu mon Père AEC 405, 1
Grâce : Et comme parole de relèvement, je vous partage premièrement ces beaux mots de l’apôtre Paul, qui évoquent les fruits de l’Esprit, fruits qui sont aussi présents et vivants en nous que les dons et talents que nous avons reçus :
« Vivez comme des enfants de lumière, car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité ». Et quelques versets encore du Psaume, le tout premier, numéro 1 :
Heureux celui qui marche dans la lumière des cieux,
Qui s’éloigne des ombres, des murmures malicieux,
Qui trouve sa joie dans les chants des étoiles,
Et médite les promesses que le cœur dévoile.
Il est comme un arbre aux feuilles d’émeraude,
Planté près des rivières où l’amour déborde,
Il porte son fruit dans la douceur des saisons, nous dit le Psalmiste.
Porteurs de lumière, porteurs de vie, porteurs des dons divins, chantons notre reconnaissance :
Répons : ô ma joie et mon espérance Rec Allél. 61-37 (1X)
Prière avant les lectures :
Seigneur, laisse-moi voir et comprendre pourquoi je suis sur cette terre. Et laisse entendre ce vers quoi et ceux vers qui tu m’appelles.
Revèle-moi mes dons, mes compétences : il n’y a pas d’âge pour les découvrir et les partager !
Laisse-moi vivre ce que aimer veut dire; laisse-moi sentir ce qui m’attire et qui me motive.
Avec ce que je suis, ce qui est à moi, ce que j’ai, ce que tu m’as donné: Amen.
Lectures bibliques :
Première lecture : livre du prophète Jérémie 1, 4-10
La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots : 5 Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations. 6 Je répondis : Ah ! Seigneur Éternel ! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. 7 Et l'Éternel me dit : Ne dis pas : Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t'enverrai, et tu diras tout ce que je t'ordonnerai. 8 Ne les crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l'Éternel. 9 Puis l'Éternel étendit sa main, et toucha ma bouche ; et l'Éternel me dit : Voici, je mets mes paroles dans ta bouche. 10 Regarde, je t'établis aujourd'hui sur les nations et sur les royaumes, pour que tu arraches et que tu abattes, pour que tu ruines et que tu détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes. |
Répons : Alléluia AEC 836
Deuxième lecture : Evangile de Matthieu 25, 14-30
14 | Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. |
15 | Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. |
16 | Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. |
17 | De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres. |
18 | Celui qui n'en avait reçu qu'un alla faire un creux dans la terre, et cacha l'argent de son maître. |
19 | Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte. |
20 | Celui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit : Seigneur, tu m'as remis cinq talents ; voici, j'en ai gagné cinq autres. |
21 | Son maître lui dit : C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. |
22 | Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et il dit : Seigneur, tu m'as remis deux talents ; voici, j'en ai gagné deux autres. |
23 | Son maître lui dit : C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. |
24 | Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et il dit : Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné ; |
25 | j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, prends ce qui est à toi. |
26 | Son maître lui répondit : Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que j'amasse où je n'ai pas vanné ; |
27 | il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. |
28 | Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. |
29 | Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. |
30 | Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. |
Répons : Louange à toi ô Christ AEC 838
CHANT: Tu me veux à ton service AEC 427,1-3
Message Jérémie 1, 4-10
Pour ceux qui ne connaissent pas grand-chose de la Bible, à l’évocation du nom de Jérémie, dont était issue notre 1ère lecture biblique de ce dimanche, on saura dire peut-être quand même qu’il était jeune, même encore enfant, lorsque Dieu l’a choisi. C’était le contenu des versets de ce premier chapitre, notre texte de prédication du jour.
Et bien sûr, on rajoutera que Jérémie aura été un des grands prophètes de l’Ancien Testament, dans une période troublée pour le peuple de Dieu.
Il se lamentait souvent notre Jérémie, on lui attribue d’ailleurs aussi ce livre biblique-là (Les Lamentations) et il est resté dans la postérité pour ses fameuses jérémiades.
Comme quoi, vous voyez, vous en savez plus que ce que vous pensiez en savoir sur notre bon prophète.
Je souris toujours intérieurement lorsque j’utilise ce mot de « prophète », car non, et effectivement et heureusement, il n’est pas réservé aux croyants musulmans. Nous, les chrétiens, avec nos grands frères dans la foi, les juifs, nous avons aussi des prophètes. Porter la parole de Dieu, c’est l’étymologie et la fonction de celui qui profère et prophétise.
Notre héros du jour, Jérémie, cet enfant choisi, se verra du temps de son mandat poser plusieurs fois la même question par Dieu : « que vois-tu ? ».
Comme pour souligner combien le prophète est avant tout celui qui pose un regard neuf sur le monde, un regard sans illusions ni concessions : un regard qui ose voir la réalité telle qu’elle est. Forcément, ce sera toujours une parole dérangeante, puisque le prophète ne cherche pas à rendre la réalité plus belle qu’elle n’est, ni à rendre sa parole polie et arrondie aux angles…
Et surtout, le prophète n’est pas tant celui qui annonce le futur, contrairement à ce que l’on pense encore trop souvent, mais il est celui qui révèle fidèlement et courageusement ce qui se joue maintenant, dans le présent…Autant dire qu’il est rarement populaire !
« Que vois-tu, Jérémie ? Et que vois-tu, toi, dans ton aujourd’hui ? ». Je ne suis pas Jérémie, je suis déjà bien trop vieux (rires) mais je me suis permis de m’accaparer ce questionnement.
Que vois-tu, toi, Jean-Philippe ? Et toi, XY (Olivier, Pascal, Pierre, Christelle, Isabelle,…) que vois-tu, dans ton aujourd’hui ?)
Ce que je vois dans mon aujourd’hui ? ///
Je vois bien sûr les forêts qui brûlent, et cet embrasement autour dans les débats politiques : certains accusent le gouvernement de n’avoir rien fait ou si peu pour la Sécurité Civile ; les brailleurs hurlants, souvent aux extrêmes de l’échiquier politique, se sont faits rappelés qu’eux-mêmes avaient voté contre le budget qui devait être alloué aux sapeurs-pompiers et autres… Et oui, encore un débat stérile à moins d’un an des présidentielles ! Une bonne formule m’a tout de même interpellé dans toutes ces passes d’armes : « Nous, la France, nous sommes la 7ème puissance mondiale, et en 2026, on en arrive encore à devoir prier le Ciel pour qu’il nous envoie la pluie ». Les tribus primitives n’auraient pas fait autrement….
Ces forêts hexagonales sont notre patrimoine vivant, et c’est dur de le voir partir en fumée, surtout lorsque ces incendies touchent des endroits de France que l’on apprécie ; c’est mon cas pour la Gironde et les Landes, où j’ai passé plusieurs étés en colos ou comme saisonnier, du côté de Mimizan et de Gujan-Mestras notamment ! Mais ce que je vois aussi, au-delà de la catastrophe, c’est la solidarité, entre pompiers et agriculteurs, je vois les dons de particuliers qui affluent massivement à la Maison Nationale du Sapeur-Pompier, je vois les renforts, souvent des pompiers volontaires qui quittent leur région, le Nord, l’Alsace pour aller relayer les soldats du feu exténués… « Soldats du feu » : je crois que l’expression n’a jamais aussi été juste, car c’est effectivement une guerre qui est livrée.
« Que vois-tu, dans ton aujourd’hui ? » Je vois les températures sur le thermomètre qui s’affolent dans le très rouge, je vois des terribles infanticides à Orange, la liste des précaires qui se rallonge, je vois l’antisémitisme politique s’inviter dans des spectacles… La Nuit de Cristal n’est pas si loin finalement : en 1938, on avait brisé les vitrines des magasins, là on a jeté des bouteilles sur une DJ d’origine juive !
« Que vois-tu aujourd’hui ? » Je vois arrivé 60000 migrants aux frontières de l’Espagne, je vois nos jeunes ici désemparés devant leur avenir, je vois ma voisine, mon ami touchés par la maladie, je vois mes propres limites dans l’éducation que je donne à mes enfants,…
« Que vois-tu, dans ton aujourd’hui ? » Quelquefois, je préfèrerai ne plus rien voir… Comme l’autruche, comme Jérémie qui s’excuse, mon Seigneur, foutez-moi la paix.
Je me sens souvent fatigué, irascible, désemparé, en colère… Déconnecté…
Hier comme aujourd’hui, il n’est pas facile de reconnaître et de discerner l’appel, les appels qui nous sont adressés. Les quelques versets partagés ce matin chez Jérémie ne sont rien d’autre qu’un récit de vocation.
En tant que chrétien, il me semble important de rappeler que ce sont deux niveaux d’appels, que nous pouvons connaître : la vocation particulière et la vocation de baptisé.
Celle de baptisé·e que nous sommes, nous invite à développer de manière unanime les 3 appels du baptisé. Vous êtes par les eaux du baptême, Roi, Prophète, et Prêtre. Ainsi, vous participez à la royauté du Christ, vous portez une parole prophétique, et vous êtes lié au Père par le Christ. Cela est vrai pour nous tous, chacune et chacun est porteur de cette triple dimension : Roi, Prêtre, Prophète.
Et il y a cette vocation particulière, qui nous intéresse un peu plus particulièrement aujourd’hui, celle de Jérémie. Jérémie est appelé à être chef de fil d’une parole prophétique, porteur littéralement de la Parole de Dieu. « Tu diras ce que je te dirais de dire. ». Pas une mission de tout repos, encore une fois ; annoncer la paix, l’amour, la présence voulant nous relier toutes et tous dans un monde qui se réchauffe et qui brûle, mais pas de l’amour fraternel. Prenez juste votre voiture ou votre moto ou vélo et admirez sur la route toutes les incivilités, doigts tendus bien hauts, manque d’altruisme et de respect des règles !
A Jérémie, Dieu dit : « Ne les crains pas ; car Je suis avec toi pour te délivrer » (V.7)
Les paroles que Dieu confie à la bouche du prophète sont difficiles : il y est question deux fois plus de destruction et de mort que de croissance et de vie … peut-être aussi parce que dans nos vies, les échecs et les pertes font souvent deux fois plus de bruit que les progrès et les joies, tant nous sommes fixés sur le négatif et sur le passé, par peur de ce qui vient.
Et c’est en cela, je crois, que la vocation de Jérémie a quelque chose de tout à fait particulier, qui a amené les chrétiens à très tôt rapprocher le prophète de Jésus-Christ, un autre homme passionné par la Parole au point de l’incarner jusque sur la Croix et au-delà ; en cela, le prophète Jérémie et Jésus-Christ sont deux figures du « Serviteur souffrant » annoncé par le prophète Esaïe.
Et ici, dans ce récit de vocation, il y a quelque chose de Noël aussi, je ne dis pas cela pour espérer rafraîchir l’atmosphère: mais Dieu connaît Jérémie dès les entrailles de sa mère, Il a participé à sa formation, Il a tissé sa Parole à même la chair de son corps au creux du ventre maternel. Jérémie n’a rien fait pour mériter d’être choisi par Dieu, et il n’a aucune qualification particulière pour porter ce message difficile en ces temps de chaos angoissant ; c’est Dieu qui l’a choisi…parce que Dieu n’abandonne jamais.
Nous, chrétiens du 21ème siècle, Dieu nous appelle aussi par notre baptême à être prophètes, à oser témoigner de la Parole que Dieu fait surgir en nous par son Esprit, à révéler par nos actes la présence de Dieu en ce monde, selon qu’Il nous en donne la force, le courage et la sagesse. Ce n’est pas facile… et la situation de Jérémie face à l’inéluctable résonne souvent pour moi comme celle que nous vivons face à l’effondrement du vivant, à la culture de l’individu et la crise climatique.
Comment continuer à lutter selon nos valeurs, sans renoncer ni céder à la dépression quand rien ne semble bouger dans le bon sens ?
Comment continuer à lutter…sans s’épuiser dans le non-sens, sans céder à l’angoisse et perdre toute sa joie de vivre ?
Notre seule assurance, notre seul refuge, notre seule source d’espérance et d’énergie, comme pour Jérémie, c’est cette promesse de notre Dieu :
« Ne crains pas ; je suis avec toi », dans les froids, dans l’effroi, et dans les flammes.
AMEN
CHANT: Mon vrai trésor sur terre AEC 617, 1-3
Annonces et offrande (interlude musical)
Prière d’intercession :
Seigneur, tu veux mettre dans nos vies les signes de ta bénédiction, de ton amour pour nous. Tu nous donnes tes dons et tes bienfaits parce que tu veux que nous trouvions dans cette vie ta présence autour de nous et pour nous. Ces dons, il nous est difficile de les reconnaître, il nous est pénible de les partager : rends-nous alors responsables de ce que tu nous donnes ; que nous puissions ne pas être égoïstes de peur de manquer, de peur de ne plus avoir, de peur de perdre.
Nous te prions pour cette paroisse : qu’elle soit toujours un lieu d’accueil ou tout le monde soit aimé et reconnu ; que chacun puisse oser mettre son don, sa compétence au service de ce lieu de vie.
Nous te prions aussi pour ceux qui sont loin de nous en ce moment, ceux que nous reverrons à nouveau au moment de la rentrée ; nous te confions les plus jeunes d’entre nous, les personnes âgées, ceux qui souffrent.
Fais-leur sentir ta présence ; sois pour nous aussi un appui sûr et une source de joie, d’amour et d’espérance.
Reçois à présent nos prières personnelles (…) et exauce-nous lorsqu’ensemble, nous t ‘appelons :Notre Père
CHANT Bénis ô Dieu nos routes AEC 616/4
BENEDICTION :
Voici ce que je te souhaite: Que chaque don reçu de Dieu s‘accroisse Et qu‘il t‘aide à rendre heureux ceux que tu aimes.
(mains levées)Que la puissance de Dieu te soutienne !
Que l‘oeil de Dieu veille sur toi !
Que l’oreille de Dieu t‘écoute !
Que la parole de Dieu parle pour toi !
Que la main de Dieu te protège !
Postlude à l’orgue
( verre de l’amitié partagé à la sortie du culte)



Commentaires