Panier garni du 14 août: quel talent!


Culte du 9ème dimanche après la Trinité – dimanche 14 août 2022


Prélude à l’orgue et accueil :

Que la paix de Dieu Père, Fils et Souffle saint, soit avec nous tous pour ce temps de culte.

En ce 9ème dimanche du temps de la Trinité, dont le thème s'intitule "Gérants des biens de Dieu" nous réentendons la parabole des talents. Elle nous redit que c'est Dieu lui-même qui nous comble de biens, de talents et de dons qu'il s'agit de faire fructifier. L'important est de se mettre au service (de Dieu et des autres) en sachant que Dieu bénit le travail et l'engagement de ceux qui mettent sa parole en pratique et font fructifier les talents et les dons reçus.

Ni orgueil, ni fausse modestie ne sont attendus mais un engagement réfléchi et créatif au service de l'évangile.

Mot d’ordre : « A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ;

A qui l’on a beaucoup confié ; on réclamera davantage » (Luc 12/48)


CHANT : Qu’aujourd’hui toute la terre s’égaye AEC 228, 1-3

Psaume 40, 9-12 :

Mon Dieu, j’ai plaisir à t’obéir, et je garde ta Loi tout au fond de mon cœur.

Dans la grande assemblée j’annonce la bonne nouvelle : Le Seigneur délivre. Je ne me tairai pas, tu le sais bien, Seigneur.

Je ne garde pas secrète la délivrance que tu m’as accordée, mais je dis que tu es un vrai sauveur. Devant la grande assemblée je ne cache pas ta fidèle bonté.

Tous : Toi, Seigneur, tu ne me fermeras pas ton cœur, et ta fidèle bonté sera ma constante sauvegarde.


Répons : Gloire soit au Père AEC 821

Pénitence :

Lorsqu’il n’y a plus ni regards, ni sourire…lorsque toute respiration semble arrêtée, lorsque l’espérance pour la vie semble éteinte ; lorsqu’il n’y a plus d’image, plus de mot, plus de souvenir du temps de la joie d’une vie accomplie ;

Lorsque nos yeux, nos bouches , nos cœurs se taisent,

Alors nous pouvons demander à Dieu son aide, son soutien et son pardon.

Texte du livre liturgique 9ème après Trinité

Prends pitié de moi, ô Seigneur. AMEN.

Répons : Mon Dieu mon Père AEC 405, 1



Grâce : Livre liturgique


Répons : ô ma joie et mon espérance Rec Allél. 61-37 (1X)


Prière avant les lectures :

Seigneur, laisse-moi voir et comprendre pourquoi je suis sur cette terre. Et laisse entendre ce vers quoi et ceux vers qui tu m’appelles.

Revèle-moi mes dons, mes compétences : il n’y a pas d’âge pour les découvrir et les partager !

Laisse-moi vivre ce que aimer veut dire; laisse-moi sentir ce qui m’attire et qui me motive.

Avec ce que je suis, ce qui est à moi, ce que j’ai, ce que tu m’as donné: Amen.


Lectures : -

Première lecture : livre du prophète Jérémie 1, 4-10


La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots : 5 Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations. 6 Je répondis : Ah ! Seigneur Éternel ! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. 7 Et l'Éternel me dit : Ne dis pas : Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t'enverrai, et tu diras tout ce que je t'ordonnerai. 8 Ne les crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l'Éternel. 9 Puis l'Éternel étendit sa main, et toucha ma bouche ; et l'Éternel me dit : Voici, je mets mes paroles dans ta bouche. 10 Regarde, je t'établis aujourd'hui sur les nations et sur les royaumes, pour que tu arraches et que tu abattes, pour que tu ruines et que tu détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes.


Répons : Alléluia


Deuxième lecture : Evangile de Matthieu 25, 14-30


14Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. 15Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. 16Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. 17De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres. 18Celui qui n'en avait reçu qu'un alla faire un creux dans la terre, et cacha l'argent de son maître. 19Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte. 20Celui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit : Seigneur, tu m'as remis cinq talents ; voici, j'en ai gagné cinq autres. 21Son maître lui dit : C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. 22Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et il dit : Seigneur, tu m'as remis deux talents ; voici, j'en ai gagné deux autres. 23Son maître lui dit : C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. 24Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et il dit : Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné ; 25j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, prends ce qui est à toi. 26Son maître lui répondit : Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que j'amasse où je n'ai pas vanné ; 27il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. 28Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. 29Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. 30Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.


Répons : Louange à toi ô Christ



CHANT: Tu me veux à ton service AEC 427,1-3

Message

Pour la prédication du jour autour des dons confiés, une question en guise de préambule : avez-vous un ami qui exerce le métier de banquier ?

Deuxième question qui découle de la première : avez-vous un ami qui n’est pas banquier ?

Bien, alors imaginez que cet ami, non banquier, donc un ami « sans intérêt » si j’ose dire, vous donne 5 euros, que d’ailleurs vous ne lui demandiez même pas. Attendez-vous de lui qu’il vous en demande 10 en retour ?

Tu me donnes 5, et bien je vais te rendre tes 5, c’est naturel, logique, normal, non ?

Tu me donnes 1, et bien, je vais te rendre ton 1. C’est naturel, logique, normal… oui !


Sauf dans l’univers fascinant des histoires biblique. Matthieu 25, versets 14 et suivants… Nous entendions la parabole dite des talents. Pas la plus facile de l’Evangile. Et pas seulement autour de la conclusion avec le 1 donné, 1 reçu : pas la bonne chose à faire a priori !

On aura encore une fois vite, trop vite fait de vouloir résumer les complexités en disant qu’avec Dieu, les choses sont inégales et cela dès le commencement : c’est vrai, pourquoi l’un reçoit-il plus que le 2ème ? Et pourquoi un seul petit talent pour le dernier ?

Une trop rapide réponse nous fera dire que Dieu, c’est comme dans la vie finalement : non, non et non, et une fois pour toute : les hommes ne naissent pas libres et égaux en dignité et en droits », comme le stipule pourtant la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Si même Dieu instaure l’inégalité, à fortiori notre société encore dite judéo-chrétienne en fera une règle.


Beaucoup d’enfants, de femmes et d’hommes subissent toutes sortes d’asservissements, de privations. Ils ne sont pas seulement esclaves d’autres humains qui ont plus de talents dans leurs poches, mais déjà ils vivent dans des régions du monde hostiles et pauvres. « Etre né quelque part », chantait Maxime le Forestier ; nous, ici, on a de la chance : nous pouvons nous payer le luxe de réfléchir au sens de l’existence, là où d’autres combattent tout simplement pour la survie. L’épisode de sécheresse inédite, le prix des matières premières, le jour du dépassement du 28 juillet dernier (et oui, ça y est, nous vivons à crédit par rapport à ce que peut nous fournir notre planète), toutes ces réalités de plus en plus oppressantes provoquent chez certains le rêve de tout quitter pour vivre en autarcie dans un pays frais, près d’une source d’eau potable, en extrayant l’écorce de l’arbre pour la manger…on trouve de plus en plus de vidéos de type survivaliste, c’est un fait qui appelle aussi une réflexion, sans doute.


La vie du monde est foncièrement inégalitaire. Et cela commence très tôt ! On l’a tous vécu à l’école, notre petit dernier fera sa rentrée dans 15 jours.

De tous temps, il y a eu les premiers et les derniers, avec les mêmes maîtres. Ceux qui comprennent vite et bien et les autres. Ceux qui ont des facilités et ceux qui malgré leur bonne volonté n’y arriveront pas. Au sein d’une même fratrie, avec le même patrimoine génétique, on pourra trouver un chef d’entreprise du CAC 40 et celui qui mène une vie de bohème. C’est à n’y rien comprendre…


Le fait est pourtant avéré : si on donne les mêmes moyens à tous au départ, à l’arrivée il y a toujours les premiers, les seconds et surtout les derniers.


Constatant leur supériorité, les 1er sont alors tentés de pousser leur avantage. Mépris, domination, exploitation : et oui, moi, j’ai eu 5 talents !

Le talent justement : encore un drôle de mot ! A l’origine, et nous le devons à la parabole biblique, ce n’était justement pas une qualité, une capacité, un don.

Le talent, c’était du sonnant et du trébuchant. Et pas qu’un peu !

Un talent, c’est tout simplement, tenez-vous bien, l’équivalent de 20 ans de salaire, le poids monétaire de 35 kilos d’argent.


Repensez donc à votre ami non banquier qui vous confiera comme cela 5 talents, 165 kilos d’argent, un siècle de salaire. En équivalent euros, même pour un salaire moyen, cela représente 3 millions d’euros. Alors peut-être que déjà, avec les réalités chiffrées, on se dira que si on me confie 3 millions d’euros, il y a de quoi les faire fructifier : investissements dans la pierre, les entreprises, la bourse,…

On ne lui rendra peut-être pas 6 millions d’euros, mais on aura fait le nécessaire.


Idem pour celui qui a eu 2.

Alors pourquoi celui qui a eu 1 talent, soit 600 000 euros n’a-t-il rien tenté, même pas mis tout simplement à la banque, avec les intérêts, il aurait pu lui en rendre un peu plus !

Et bien parce que notre troisième homme n’était pas un ami finalement : il le dit lui-même, il avait peur ! Peur de celui qui était, je le cite, « un homme dur qui moissonne là où il n’a pas semé ».

Et tout-à-coup, voilà que notre 3ème homme, pour lequel nous avions un peu de compassion, nous donne l’image d’être cet homme, ce collaborateur, cet ami qui ne fait pas beaucoup d’effort, qui se contente du minimum, qui n’est pas capable d’entreprendre…


Est-ce qu’on confierait à une telle personne autant d’argent ? Nous ne sommes pas le maître de la parabole, mais la question mérite d’être posée. Peut-être même qu’à celui-ci, le timoré, le peureux, on n’oserait rien confier de ce qui nous appartient, parce que d’avance, on sait que ce ne sera que perte de temps, et d’argent.

Vous avez le droit de me dire : mais il n’a rien perdu ! Il a rendu, juste rendu. 1 donné, 1 en retour. Oui, mais ce qu’il a rendu, le maître le lui a pris pour donner à celui qui avait déjà 5. Là est peut-être ce que nous appellerions l’injustice.

Jésus, vous le savez, aimait déboussoler, désorienter les siens. Ce n’est rien d’autre qu’une stratégie de sa part. Lui qui a soigné et vécu avec les plus petits, lui qui parlait de l’offrande de la pauvre veuve et qui condamnait sévèrement l’attitude des plus riches dans le sermon sur la montagne, on l’imagine très mal prendre au plus défavorisé et vanter les joies du néo-libéralisme capitaliste, si vous me permettez cet anachronisme !


Alors quoi ?


Le talent, les talents, 1, 2, 5, représentent tout simplement le degré de confiance que l’on a en Dieu, et aussi en soi-même.

Soit notre foi, notre confiance en nous et en Dieu sera solide, sécure… soit elle sera insécure, faible.

Celui qui avait reçu 2, avait une foi en Dieu et une confiance en lui certes plus faible que le 1er, mais elle aura suffi à faire multiplier par 2 le peu qu’il avait.


Le 3ème larron, lui, n’avait ni confiance en lui, ni en Dieu, le maître.

Pourquoi ce manque de confiance ?

Aujourd’hui, on sait qu’un adulte qui n’a pas confiance en lui, un homme ou une femme qui ont une attitude d’insécurité, ont généralement hérité cela de leur enfance. Peu d’affection témoignée, une estime de soi qui n’a jamais été choyée, les brimades, les parents qui pointaient toujours les manquements sans jamais parler des réussites, même minimes… voilà comment j’imagine l’enfance de ce 3ème serviteur. Je ne veux pas faire de la psychologie de comptoir, mais cette parabole peut aussi évoquer notre relation à Dieu, au Père, aux parents et notre relation à nous-même et à l’image que nous avons de nous-même.


Quelques questions pour terminer :

Quel serviteur suis-je ? Celui qui cherche à donner plus que ce qu’il a reçu ? Celui se situe au milieu, dans le ni trop, ni trop peu ?


Quel est mon degré de confiance en moi-même ? ET en Dieu ?


Est-ce qu’il m’est déjà arrivé de donner le double de ce que j’ai reçu ?


A quel moment ai-je enterré ce que l’on m’a confié ?

Y a-t-il peut-être encore des choses héritées que j’ai envie d’enterrer ?


La parabole nous aura aussi et surtout redit que le Dieu de Jésus-Christ est à l’origine de nos dons et capacités, les naturels, les innés et ceux que l’Esprit engendre. Surtout si nous ne considérons pas le maître comme d’un ennemi duquel il faut avoir peur… Ami de Dieu, ami des hommes. Amen


CHANT: Mon vrai trésor sur terre AEC 617,


Prière d’intercession :

Seigneur, tu veux mettre dans nos vies les signes de ta bénédiction, de ton amour pour nous. Tu nous donnes tes dons et tes bienfaits parce que tu veux que nous trouvions dans cette vie ta présence autour de nous et pour nous. Ces dons, il nous est difficile de les reconnaître, il nous est pénible de les partager: rends-nous alors responsables de ce que tu nous donnes ; que nous puissions ne pas être égoïstes de peur de manquer, de peur de ne plus avoir, de peur de perdre.

Nous te prions pour cette paroisse: qu’elle soit toujours une lieu d’accueil ou tout le monde soit aimé et reconnu ; que chacun puisse oser mettre son don, sa compétence au service de ce lieu de vie.

Nous te prions aussi pour ceux qui sont loin de nous en ce moment, ceux que nous reverrons à nouveau au moment de la rentrée ; nous te confions les plus jeunes d’entre nous, les personnes âgées, ceux qui souffrent.

Fais-leur sentir ta présence; sois pour nous aussi un appui sûr et une source de joie, d’amour et d’espérance.

Reçois à présent nos prières personnelles (…) et exauce-nous lorsqu’ensemble, nous t ‘appelons :Notre Père


CHANT Bénis ô Dieu nos routes AEC 616/4

BENEDICTION :


Voici ce que je te souhaite: Que chaque don reçu de Dieu s‘accroisse Et qu‘il t‘aide à rendre heureux ceux que tu aimes.

(mains levées)Que la puissance de Dieu te soutienne !

Que l‘oeil de Dieu veille sur toi !

Que l’oreille de Dieu t‘écoute !

Que la parole de Dieu parle pour toi !

Que la main de Dieu te protège !


Postlude à l’orgue

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