top of page

Panier garni anti-émeutes du 2 juillet 2023


4ème dimanche après la Trinité,



Prélude orgue et Accueil : La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Sauveur.

C’est aujourd’hui le 4ème dimanche après la Trinité.

Le thème de ce dimanche s'intitule : "La communauté des pécheurs".

Le péché, selon la bible, c'est la rupture de la relation d'amour avec Dieu et avec le prochain.

Tous, nous vivons des situations de rupture avec Dieu, avec notre prochain. Tous nous appartenons à la communauté des pécheurs. Oui, mais Dieu a lancé vers nous un pont au-delà de l'abîme de la rupture. C'est Jésus-Christ qui est ce pont et sa croix en est le signe.

Ce dimanche ne tourne pas autour de la morale, mais bien plus est un appel à une prise de conscience de la réalité de nos vies en famille, en église, en humanité où le pardon, la paix, la réconciliation sont toujours difficiles à offrir à l’autre. L’appel à l’amour, l’invitation, la réconciliation étaient les thèmes des 3 derniers dimanches : il s’agit donc bien de relations entre humains et de celles que nous entretenons avec Dieu.

Baptême d’adulte : Lucas MULLER


Cantique : Seigneur, c’est toi notre secours AEC 544, 1+3+4


Louange (en alternance) : P S A U M E 4 2 ( 1 - 6 )


P : Comme une biche se penche sur des cours d'eau

A : ainsi mon âme penche vers toi, mon Dieu !

P : Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant !

A : Quand pourrais-je entrer, paraître face à Dieu ?

P : Jour et nuit, mes larmes sont mon pain,

A : moi qui chaque jour entends dire : "Où est ton Dieu ?

P : Je me souviens et mon âme déborde :

A : en ce temps-là, je franchissais les portails !

P : Pourquoi te désoler, ô mon âme et gémir sur moi, espère en Dieu !

A : De nouveau, je rendrai grâce ;

Tous : Il est mon sauveur et mon Dieu ! Amen !


Chantons à la gloire du Dieu trois fois saint:


Répons : Gloire soit au Père, gloire au Fils, gloire au Saint Esprit AEC 821


Pénitence :

Se reconnaître fautif, Seigneur, se reconnaître en rupture avec toi et avec les autres, c’est difficile. Me reconnaître fautif, me reconnaître en rupture avec toi et avec les autres, c’est encore un effort supplémentaire. Pourtant, je vais essayer d’être honnête avec moi-même…

Seigneur, tu es le Verbe de Vie et nous, jour après jour, je prononce des paroles creuses, des paroles tranchantes, quelque fois blessantes, des paroles empoisonnées qui traduisent mon énervement, ma fatigue, ma lassitude, mon ras-le-bol par rapport à elle, à lui, à ma situation, …


Seigneur, ce matin, ensemble, nous te demandons de nous apprendre les paroles qui enfantent la vie, et au-delà des mots, des gestes qui vont droit au cœur.

Pardonne-nous, Seigneur pardonne-nous pour nos manquements, nos jugements à l’emporte-pièce et ne laisse plus nos ténèbres nous parler !


Répons : Jésus le Christ, lumière intérieure rec. Alléluia 61-18 (2X)


Grâce : Dieu nous offre maintenant de nous ouvrir à son pardon:

‘Le Christ lui-même a souffert pour vous et vous a laissé un exemple afin que vous suiviez ses traces. Il n’a pas commis de péché ; on n’a jamais entendu de mensonges sortir de sa bouche. Quand on l’a insulté, il n’a pas répondu par l’insulte ; quand il a souffert, il n’a pas formulé de menaces, mais il s’en est remis à Dieu qui juge avec justice. Et le Christ lui-même a porté dans son corps nos péchés sur la croix, afin que nous mourions au péché et que nous vivions une vie juste. C'est par ses blessures que vous avez été guéris’

Répons : Tu peux naître de nouveau AEC 417/3


Liturgie de baptême d’adulte : Lucas MULLER


Naître, renaître 3 strophes

Lecture biblique : Evangile de Luc chap 6, versets 36-42

636 Soyez pleins de bonté comme votre Père est plein de bonté . » 37 « Ne portez de jugement contre personne et Dieu ne vous jugera pas non plus ; ne condamnez pas les autres et Dieu ne vous condamnera pas ; pardonnez aux autres et Dieu vous pardonnera. 38 Donnez aux autres et Dieu vous donnera : on versera dans la grande poche de votre vêtement une bonne mesure, bien serrée et secouée, débordante. Dieu mesurera ses dons envers vous avec la mesure même que vous employez pour les autres. »

39 Jésus leur parla encore avec des images : « Un aveugle ne peut pas conduire un autre aveugle, n'est-ce pas ? Sinon, ils tomberont tous les deux dans un trou. 40 Aucun élève n'est supérieur à son maître ; mais tout élève complètement instruit sera comme son maître. 41 Pourquoi regardes-tu le brin de paille qui est dans l'oeil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans ton oeil ? 42 Comment peux-tu dire à ton frère : «Mon frère, laisse-moi enlever cette paille qui est dans ton oeil», toi qui ne vois même pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton oeil et alors tu verras assez clair pour enlever la paille de l'oeil de ton frère. » pas de répons


CHANT : Ouvre mes yeux AEC 408, 3 strophes


Message

Voici venu le moment de méditer encore la Parole de Dieu.

Entre gens bien, entre gens civilisés… c’est bien ce que nous sommes, non ?

Ce matin, en dimanche de la communauté des pécheurs, 2 versets tirés de l’épître de Paul aux Romains, qui tendent à nous rappeler que certainement, même entre gens bien et civilisés, une petite piqûre de rappel ne peut jamais faire de mal. De mal, justement, centre de nos 2 versets !


Romains 12 : 17 Ne rendez à personne le mal pour le mal. Efforcez-vous de faire le bien devant tous les hommes. 21 Ne te laisse pas vaincre par le mal. Sois au contraire vainqueur du mal par le bien.


L’action de rendre le mal pour le mal, vous savez comment ça s’appelle, n’est-ce pas ?

Le bon vieux Homère, l’ancien, pas celui des Simpson, disait d’elle qu’elle est plus douce que le miel… Francis Bacon qu’elle est une justice sauvage… Elle est aussi, selon le proverbe populaire, un plat qui se mange froid…

Elle, c’est…la vengeance, bien sûr ! Mais j’oubliais ! N’est-il pas vrai que nous ne sommes pas concernés par la vengeance, nous qui sommes des gens bien élevés, civilisés ? Pas comme ces petites frappes des banlieues de Paris, Marseille ou Strasbourg qui sèment le désordre pour se venger de la mort d’un des leurs. C’était au milieu de cette semaine : soulèvements dans les banlieues, après il faut le dire, le mensonge de la police quant aux circonstances du coup de feu qui a fait succombé l’automobiliste de 17 ans. Multirécidiviste, à 17 ans au volant, … Sa mère a eu la bonne idée d'appeler à la vengeance. Beau témoignage laissé là par l'"autorité parentale", je mets des guillemets

Même M'Bappé a été appelé à l'aide pour calmer les esprits… A l'époque, De Gaulle aurait mis fin à cette rébellion en 2 temps, 3 mouvements, disent certains. Aujourd'hui, on appelle les footballeurs, plus les politiques!

Mais ce n'est pas la même époque: on voit tout, on filme tout, tout se sait.

Ne rendez pas le mal par le mal: encore un verset quasi-prophétique ce matin!

Je ne sais pas si on trouve ce verset dans le Coran, autour de l'idée de ne pas se venger, mais j'espère que le prêche du vendredi dans les mosquées auront été un appel au calme et à la paix, plutôt qu'à l'émeute et au pillage.

Je me suis étonné qu'un même fait divers, une bavure policière, le 14 juin déjà, en France, n'ait pas suscité le même émoi: c'était un Guinéen, qui avait sans doute moins d'intérêt que Nahel de Nanterre…

Mais laissons les banlieues et revenons à notre méditation.

L’éducation parentale peut quelquefois être inspirée par les valeurs chrétiennes de pardon, de bonté et de courtoisie ; le témoignage de Lucas, notre baptisé du jour, redisait cela. Cette éducation fait de nous des personnes civilisées et respectueuses des autres. Nos parents eux-mêmes sont les héritiers d’une éducation et d’une culture qui remontent parfois loin dans le temps, et de manière quasi-subconsciente.


Le siècle des Lumières (le 18ème) a vu la réémergence de la démocratie, avec toutefois quelques relans de monarchie, repensez à Charles X par exemple, ce roi qui a reçu la première girafe introduite en France, un cadeau du pacha d’Egypte, Méhemet Ali. C’était en 1827, bien après la Révolution !

Ce sont des ces années-là que l’individu a commencé à compter autant sinon plus que le clan ou le groupe. Les Lumières où raison et tolérance ont donné naissance au 20ème siècle à la déclaration universelle des droits de l’homme. De laquelle sont inspirées de nombreux autres textes, lois et décrets.


Vous voyez, nous n’y sommes pour rien si nous sommes des gens bien ! L’Histoire est passée par là, par nos ancêtres et l’Histoire continue et continuera à travers nos enfants. On s’y attèle, on se dit que ces valeurs là, respect, tolérance, recherche de paix même si elles sont quelques fois difficiles à mettre en œuvre, sont tout de même un idéal à atteindre.


Dans les sociétés démocratiques, les pulsions de vengeance sont régulées par un cadre légal et judiciaire impartial. Vous avez peut-être suivi le proc-s de Gabriel FORTIN, le fameux triple-tueur de DRH : il a écopé de la perpétuité mercredi dernier. Avec une peine de sûreté de 22 ans, le maximum. C’est bien, c’est juste, mais ça ne fait pas revenir les morts !


En démocratie, on fera alors aussi l’expérience que tout n’est pas parfait. Il y a des manquements et des dérapages. Il suffit de songer au nouvel ange, Silvio Berlusconi, pour nous rappeler que la justice ne brille pas toujours par sa probité. Les dirigeants, les puissants, sont souvent intouchables. Nicolas Sarkozy pensait aussi l’être, mais la France n’est pas l’Italie…


Le bien le mal, rendre le mal par le mal, c’est possible dans certains pays, en pas seulement en terre d’Islam !

Avec les exécutions capitales, nous sommes au cœur de ce que l’on appelle la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. Cette loi, selon laquelle la sentence doit être égale à l’offense, c’est-à-dire que le coupable doit subir le même dommage que celui qu’il a fait subir à sa victime, cette loi qui nous fera penser assez vite à la loi islamique de la Chariah, appliquée encore aujourd’hui dans des pays tels que l’Arabie Saoudite, le Koweït, les Emirats, l’Indonésie… Si vous volez une orange, on vous coupera la main qui a volée… Mais parlons aussi de tous ces états américains qui pratiquent toujours la peine de mort !


Mais je rappelle encore ici que cette loi du talion est aussi celle de l’Ancien Testament, barbare dans les faits : si l’offense a été un œil crevé, la sentence sera : un œil crevé en retour. Mais, en réalité, la loi du talion est un progrès ; elle aura permis d'éviter que les personnes ne se fassent justice elles-mêmes, avec une escalade possible dans la violence, et a introduit un début d'ordre dans la société.

Le vrai progrès, des siècles plus tard, on le doit à Jésus Christ : « Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil et dent pour dent. Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau. Si quelqu'un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. A qui te demande, donne; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos »


Je disais : nous sommes des gens bien et même bien élevés, civilisés. Oui… Mais voilà, cela ne nous empêche pas d’avoir des pensées inavouées et parfois avouées de désir de vengeance. En son for intérieur, qui n’a jamais souhaiter qu’untel soit puni pour ce qu’il a fait de mal. Tous, nous avons déjà formulé, sinon eu des pensées de vengeance.

Face au mal subi, le désir que justice soit faite est une réaction normale.


Lorsque règne un sentiment d’insécurité qui est très désagréable à vivre, pour nous en protéger, nous nous plaçons en position de réaction défensive ou offensive, nous écoutons plus notre émotion que notre raison.

Cependant, la victoire ne se remporte pas par la lutte, qu’elle soit défensive ou offensive, en utilisant les mêmes armes que l’adversaire. Lequel n’est pas toujours une personne. Cela peut aussi être un groupe, une nation, une idée, une chose, un événement et même une inclinaison intérieure comme par exemple la colère qui se transforme en rage ou encore la jalousie, la possessivité, la panique…

L’expression « Il n’y a pas pire ennemi que soi-même » nous en dit long sur nous-même…


L’apôtre Paul dans ce passage adressé aux chrétiens de Rome a compris cela, et c’est pourquoi, il suggère à la place de la réaction émotionnelle, l’action audacieuse et résolue : « Sois vainqueur du mal par le bien »


La victoire se remporte par le lâcher prise qui n’a rien à voir avec de l’indifférence ou de la résignation. Quand nous sommes dans la ré-action, nous subissons. Dans l’action, nous créons.

Que pouvons-nous créer ?

Nous pouvons décider, par exemple de cesser de nous protéger de la peur concernant l’avenir laquelle nous taraude souvent. Cela s’appelle accepter. Accepter qu’il advienne dans nos vies ce qui adviendra.


L’adversaire, l’ennemi battra toujours en retraite devant la confiance (la foi) de celui qui ne se laisse par perturber…

Souvent, devant certains événements de la vie, on a pu penser ou me reprocher d’être indifférent, froid, sans réaction émotionnelle… L’entourage, quelque fois proche, ne saisit pas toujours qu’il s’agit plutôt d’une confiance, d’une espérance que tout s’arrangera, d’une conviction puissante et inébranlable que Dieu est à l’œuvre, qu’il agit même s’il y a là la désolation, un conflit ou même la mort…


J’ai souvent la chance de pouvoir me dire : mon cœur est en paix. Et je sais que je ne suis pas le seul à partager ce sentiment…


Nous ne pouvons donner réellement que ce que nous avons en nous.


Sachant que Jésus-Christ a déposé en chacun de nous de belles semences qui n’attendent que notre autorisation pour fleurir.


Vous voyez, nous sommes vraiment des gens bien.


Aussi des gens qui savent que tout ne dépend pas seulement d’eux !

Il importe probablement plus que nous soyons des gens de bien que des gens bien.


Grâce à l’œuvre de Dieu, nous pouvons être pour les autres sources de bénédiction.


Des gens qui ne rendent pas le mal par le mal,

Des gens qui essayent de créer la paix autour d’eux…

Essayons, ça marche ! Aujourd’hui, demain, pendant l’été ? AMEN


Chant : Seigneur fais de nous AEC 534, 1-3



Prière d’Intercession :

Seigneur, Toi qui veux que tes enfants soient unis en toi, nous te prions pour l’unité de nos paroisses et de ton Église.

Pardonne tout ce que nos séparations doivent à notre orgueil, à notre incrédulité, à notre manque de compréhension et de charité.

Ne nous laisse pas prendre l'habitude de nos divisions.

Apprends-nous à reconnaître les dons de ta grâce chez tous ceux qui se réclament de toi.

Approfondis notre fidélité à ta Parole, ne nous laisse pas nous égarer dans des visions que nous aurions forgées nous-mêmes et marcher sur des chemins qui ne seraient pas les tiens.


Merci pour ton Esprit qui nous enseigne à ne pas pratiquer la vengeance, le calcul, le mal…

Merci pour ton Esprit qui incite toujours et encore à nous rapprocher de toi, à nous réclamer de toi, en acceptant notre place d’enfants d’un même Père par notre baptême.


Bénis aussi ce temps estival qui démarre pour les plus jeunes, le temps des vacances bien méritées, le temps du repos, un temps différent …

Notre Père,…


CHANT : Viens et nous bénis AEC 890/3 Porteurs de paix


Bénédiction

postlude

101 vues
bottom of page