Le respect de la vie

 

 

Pour ce 6ème volet de notre rubrique, nous restons dans le domaine de l’éthique : après l’euthanasie, retour vers les débuts de la vie et la façon dont elle est envisagée chez les protestants (et chez les autres).

Une première évidence : vu que nous croyons en un Dieu Créateur, toute vie (humaine, animale,…) est respectable et est appelée à être respectée.

Albert Schweitzer parlait d’une éthique de « respect de la vie ». Il a écrit : « toute vie émane d’une vie et engendre une vie… je suis vie qui veut vivre, au milieu d’autres vies qui veulent vivre ».

Beaucoup de religions et confessions reconnaissent dans la vie un don de Dieu.

Les Eglises se sont interrogées et ont dû répondre à la question : à partir de quand un fœtus est-il considéré comme un être humain ?

Plusieurs réponses ont été données et elles pèsent évidemment sur le recours à des pratiques comme l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) ou l’ITG (Interruption Thérapeutique de Grossesse) : suis-je un être humain dès la conception, dès que le cœur se met à battre ( 3ème semaine de vie), au moment de la naissance ?

Les juifs parleront d’une « animation différée » : au 40ème jour, le bébé reçoit son âme.

Les musulmans croient que l’esprit est donné au 120ème jour. Avant le don de l’esprit, l’avortement est autorisé.

L’Eglise catholique considère qu’il y a « être humain » dès la fécondation : l’avortement est condamné, en référence à l’encyclique Donum Vitae de 1987 qui déclare que le zygote ( l’œuf) comme fruit de la génération humaine dès le premier instant exige le respect inconditionnel dû à l’être humain dans sa totalité corporelle et spirituelle.

 

Pour les orthodoxes, l’embryon est la potentialité d’une personne ; là encore, dès la conception, il y a être humain.  

Le bouddhisme n’admet pas non plus l’avortement, considérant que l’œuf est vivant ; de surcroît, une telle action risque d’être comptabilisée dans le karma négatif de sa mère.

Pour les protestants, une tolérance est admise avec l’insistance sur la responsabilité personnelle autour du recours à la pratique de l’IVG et de l’ITG.

Mais n’oublions pas qu’au-delà des croyances, il y a aussi la loi civile et que l’avortement est réglementé autour de délais légaux!  

Avec 200 000 avortements répertoriés chaque année en France (soit 1 avortement pour 4 naissances !), il y a de quoi s’interroger ; en effet, et pour citer des réactions recueillies auprès de professionnels, l’avortement semble être devenu, plus de 40 ans après sa libéralisation (Loi Veil du 17 janvier 1975), un « nouveau » moyen de contraception.

Jean Philippe Schwab

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