La bénédiction nuptiale

 

 

 

Pour ce quatrième volet d' « Eglise, mode d’emploi », quelques mots autour du mariage, ou pour le dire plus justement, de la bénédiction nuptiale.  

Là encore, comme la confirmation, cet acte liturgique n’est pas un sacrement chez les protestants, à la différence de l’Eglise catholique depuis le Concile de Vérone en 1148.

 

La première trace d’une telle bénédiction serait à chercher du côté de l’Ancien Testament, après l’institution de la monogamie au temps des Prophètes, vers l’an 800 avant J-C ; les livres de Malachie et d’Ezéchiel évoquent de brèves liturgies de bénédiction de mariage.

Jésus lui-même, n’était sans doute pas marié ; en tous cas, il n’y en a pas trace dans les Evangiles. Deux hypothèses s’offrent à nous : la condition de célibataire était exceptionnelle à l’époque de Jésus ; certains en concluent que cela était tellement évident d’être marié que les Evangélistes ne l’ont tout simplement pas mentionné. Deuxième hypothèse : Jésus n’était pas marié.

Ce qui est sûr, c’est que Jésus a souvent été questionné au sujet de la vie conjugale, de l’adultère et de la répudiation dans les Evangiles. Il n’a pas institué le mariage, mais il a confirmé le caractère sacré du lien conjugal.  L’apôtre Paul met l’infidélité entre époux au hit-parade des péchés.

Depuis 1792, Révolution Française oblige, les mariages sont exclusivement contractés à la Mairie ; les officiants (prêtres, pasteurs,…) se doivent de vérifier qu’un acte de mariage a bien été établi de manière légale et officielle avant de pouvoir bénir le couple.

La liturgie du mariage met en avant le couple, qui s’approprie ainsi le culte et le personnalise avec le choix des chants, des psaumes, prières et en invitant les membres de la famille à participer de manière active.

Le pasteur leur adresse un message, où l’amour humain n’est pas sublimé et idéalisé, mais rapporté à la réalité du quotidien de la vie du couple, avec ses joies et ses peines.

A noter que les protestants accueillent les couples où l’un (ou les deux) conjoint était déjà marié et divorcé.

 

Le couple est ensuite béni, par une imposition des mains du pasteur, qui fait suite à l’échange des vœux entre conjoints et l’échange des alliances.

Notre Eglise, l’UEPAL, avait lancé un grand questionnement aux paroisses autour de la bénédiction des couples de même sexe ; il n’y a finalement pas eu d’avancée majeure dans cette voie et les pasteurs d’Alsace et de Moselle sont donc officiellement tenus de ne pas célébrer de bénédictions homosexuelles.

 

L’EPUDF ( Eglise Protestante Unie de France) s’est, quant à elle, conformée aux pratiques d’autres pays européens ( Pays-Bas, Belgique,…) et autorise la bénédiction de telles unions depuis le Synode National de mai 2015. Autorisation ne veut toutefois pas dire « obligation », et les pasteurs et paroisses peuvent s’y opposer.

Jean Philippe Schwab