L'euthanasie

 

 

 

Pour ce cinquième épisode de la série des « Eglise, mode d’emploi », une question relevant encore quasiment du tabou, mais qui est souvent mise sous les feux de l’actualité : l’euthanasie.

Nous touchons là au domaine éthique (éthos en grec : le « vivant »), et approchons de près tout ce qui tourne autour de l’être vivant, de l’humain.

Des cas d’euthanasie font souvent la une des faits divers : tel médecin, telle infirmière ont défrayé la chronique par leurs agissements, motivés par de la « compassion pour des personnes qui ne trouvaient plus de sens  à leur existence malade, diminuée ».

Le cas Vincent Humbert en est l’exemple emblématique.

 

L’euthanasie  (du grec eu-thanatos ; littéralement la « bonne mort ») est devenue une question de société : un sondage récent indique que plus de 75 % des Français y sont favorables. En plus d’être un sujet pour les religions, l'euthanasie est encadrée de manière stricte par un cadre légal, différent d’un pays à l’autre.

La mort est vue de manière différente par les différentes religions : réincarnation (animistes, bouddhistes, hindouistes…), résurrection (dans les trois monothéismes :  judaïsme, christianisme, islam).

Mais un consensus se dégage fortement entre toutes les croyances : la vie est sacrée au sens où elle est un don de Dieu.

 

Pour l’Islam, l’euthanasie est considérée comme un meurtre.

Le christianisme se reconnaîtra dans la formule « pas d’acharnement thérapeutique » et encouragera le développement des soins palliatifs.

L’UEPAL a réfléchi à la question dans une des brochures « Ce que nous croyons : la fin de vie ». 

L’idée centrale qui s’en dégage est la suivante : « la loi Léonetti de 2005 permet de résoudre la grande majorité des cas en préconisant le développement des soins palliatifs et l'abandon de l'acharnement thérapeutique.

Entre les slogans réducteurs « la mort comme je veux » d'une part et  « tu ne tueras point » d'autre part, la distance est grande.

 

Dans la Bible, c'est Dieu qui est à l'origine de toute vie et l'être humain est créé libre. Cette liberté peut mener à des choix contradictoires : aller au bout de son chemin, aussi difficile qu'il soit, ou décider de l'écourter.

Dans la diversité des circonstances que peut revêtir la fin d'une vie, la vocation des Églises n'est pas de condamner, même lorsqu'il s'agit d'une "demande de suicide assisté voire d'euthanasie".

Notre Eglise affirme, en tension assumée, ses convictions que Dieu est à l'origine de toute vie et que l'homme demeure libre devant Lui.

La vie doit être défendue, mais c'est l'amour qui doit guider nos relations à l'autre.

Le commandement central de la foi chrétienne « Aime ton prochain comme toi-même » met au cœur de notre vie le devoir de compassion ; voilà pourquoi les Églises se doivent d'accompagner les personnes en fin de vie et leur famille, quelle que soit leur décision.

Jean Philippe Schwab

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