Hommes sages - sages-femmes ?!

 

Le mois de mars est décidément le mois de la femme : célébration JMP le 1er vendredi du mois, journée internationale des droits de la femme le 8 mars, super-promo sur les aspirateurs Hoover dans les grandes surfaces !

Avant les femmes d’aujourd’hui, dont Julien Clerc et d’autres parlent si bien dans leurs chansons, partons à la rencontre de 2 femmes qui ont vécu du temps de Moïse, même avant sa naissance.

Exode 1, 15-20 a

Depuis 1982, en France, la profession de sage-femme s’est ouverte aux hommes. Problème : comment allait-on les appeler ces messieurs ?

On a proposé sage-homme, matron sur le féminin matrone, maïeuticien ou accoucheur proposé par l’Académie Française en référence à Socrate et à sa méthode « d’accouchement des esprits ».

Tous ces termes ont finalement été rejetés pour n’en garder qu’un : sage-femme.

A l’écoute du texte de l’Exode (=sortie), nous pourrions toutes et tous nous sentir appelés à devenir sage-femme. Relevons l’attitude courageuse, volontaire et créative de Chifra et Poua.

 

A première vue, nous avons là deux faibles sages-femmes et un puissant Pharaon qui leur ordonne de ne laisser la vie qu’aux bébés filles qu’elles accouchent. Les bébés-mâles, en grandissant, pourraient en effet devenir de dangereux adversaires du roi d’Egypte et de son pouvoir. Illusion de la classe dirigeante qui croit qu’un décret, qu’une loi peut suffire à faire taire l’instinct de survie, ou de vie tout simplement.

 

Mais la Bible, Parole de Dieu, va une fois de plus nous confronter à un retournement de situation : la force et la faiblesse ne sont pas là où on le croit.

L’histoire de Chifra et Poua nous montre un modèle de résistance au pouvoir oppresseur.

Au nom de quoi ces femmes résistent-elles ? Au nom de leur foi !

Et pour parler de la foi, la Bible utilise parfois cette expression que nous n’aimons pas beaucoup : la CRAINTE de Dieu. Terme assez énigmatique que nous confondons avec la PEUR de Dieu. Et c’est là qu’on se trompe.

C’est cette crainte du Dieu de la Vie, commencement de la Sagesse, qui fait faire aux sages-femmes le choix de la vie, au risque de leur propre vie.

La crainte de Dieu, c’est reconnaître que Dieu est présent. Que Dieu est Dieu, et qu’Il nous dépasse. Que son règne, que son action sont présents, perceptibles dans nos vies et engagements.

Cette crainte n’exclut pas la joie ou la confiance, surtout en ce temps de Carême : « craindre Dieu, comme l’écrivait le pasteur Jean Valette, c’est le signe de l’intelligence et du sérieux de la foi. C’est l’attestation de savoir à qui j’ai affaire ; c’est la libération de toutes les peurs, et même de celle de la mauvaise peur de Dieu ».

 

La peur laisse immobile ;  la crainte est productive et me pousse à avancer, à aller vers l’autre, vers l’avenir. Combien de fois sommes-nous rattrapés par les ombres qui nous habitent alors que nous croyons à la Lumière ?

Chacun, chacune, nous sommes bien trop souvent tiraillés entre ce que nous croyons et ce que nous donnons à voir. La foi ne doit pas nous faire recroqueviller sur nous-mêmes, elle doit nous déloger du confort et de la routine pour aller vers la responsabilité, vers demain !

 

Vous connaissez l’expression populaire : « Vas-y, accouche ! » pour demander à l’autre de dire ce qu’il a vraiment sur le cœur. L’accouchement est une révélation ; un être, une parole, une idée se dévoilent.

Nos deux sages-femmes du texte sont appelées à aider à donner la vie.

Chifra et Poua nous encouragent à nous engager sans compromis sur le chemin de la vie, et d’être donc tous et toutes des sages-femmes, au service de Dieu et de notre prochain.

 

Que nos différents « accouchements » dans nos lieux de vie, de travail, par rapport à nos projets d’avenir puissent donc se faire sans peur et sans douleur !  

Bonne semaine à tous ! 

Jean Philippe Schwab

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