En route vers Pâques

 

Au début de cette semaine qui nous conduira vers Pâques, que dire ?

Merci pour la bonne choucroute partagée hier dans l’écrin du foyer Oberlin, choucroute « pur porc » qui nous aura fait oublier l’espace de quelques heures que le terrorisme était de retour dans l’Hexagone.

Merci, oui merci aussi et surtout à ce héros ordinaire qui s’est substitué à un autre otage, au prix de sa vie, pour que d’autres puissent continuer à vivre.

J’imagine que l’officier de gendarmerie a agi par sens du devoir, lui qui avait déjà répété un exercice quasi-similaire quelques mois auparavant : « prise d’otages dans un supermarché ».

La réalité a dépassé la fiction, et un choix a été fait : celui de donner sa vie. Et moi, dans une telle situation, qu’aurais-je fait ?

Toute proportion gardée, je ne peux m’empêcher de faire le lien entre cette histoire tragique et celle de Celui qui s’est donné pour que nous ayons la vie en plénitude : les chrétiens méditent cette semaine la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus- Christ. Celui qu’on appelle aussi l’Agneau de Dieu, cet Agneau qui sera dégusté sous nos latitudes en format « biscuit », le Laemmele de Pâques.

« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », Jean 1, 29.

La symbolique de l’Agneau pascal est aussi ancienne que répandue, puisqu’elle remonte déjà au livre de l’Exode au moment où la 10ème plaie d’Egypte vient frapper l’Egypte : le sang de l’agneau sur les linteaux protègera le peuple hébreu, avant de faire le « Pessah » (passage) de la servitude à la liberté.

Des traces historiques attestent que l’agneau est représenté comme symbole christique  depuis le IVème siècle dans l’art chrétien.

Voici une autre histoire, vraie, qui s’est déroulée en Allemagne du côté de la Ruhr.

Il était une fois un couvreur qui travaillait sur le toit de l’église de Werden ; il perdit l’équilibre et chuta… Autour de l’église, il y avait un cimetière, et beaucoup de pierres tombales. On imagine aisément que si notre couvreur était tombé sur un tel monument ou même au sol directement, il y aurait eu plus que quelques égratignures…

Mais voilà que dans ce cimetière, il y avait aussi un troupeau de moutons qui s’occupaient du désherbage ; notre homme tomba donc sur un des congénères de la bande de brouteurs. Et il eut la vie sauve… Le mouton n’aura pas survécu, il a donné lui aussi sa vie pour qu’un homme puisse continuer à vivre.

Si un jour, vous allez en visite du côté de l’église de Werden dans la Ruhr, jetez un œil sur le mur principal ; cette scène a été gravée dans la pierre.

Dans le plan de Salut de Dieu pour le monde, c’est aussi un Agneau qui se trouve à la place centrale, un Agneau qui nous sauve de la mort et qui porte le poids de nos fautes. 

Bon chemin à chacune et chacun vers Pâques.

 

Jean Philippe Schwab